
Journaliste et docteur en médecine, Jean-Yves Nau a été en charge des questions de médecine, de biologie et de bioéthique au Monde pendant 30 ans. Il est notamment le co-auteur de «Bioéthique, Avis de tempête».
C’est une première vaccinale d’origine française (groupe Sanofi Pasteur). Elle a été sur le site de l’hebdomadaire médical The Lancet. Pour la première fois, des résultats expérimentaux montrent qu'une approche vaccinale contre la dengue est du domaine du possible.
Mise à jour du 15 novembre 2012: une nouvelle épidémie de fièvre hémorragique à virus Ebola s'est déclarée en Ouganda, où elle a déjà tué deux personnes selon l'AFP, trois selon la BBC, au nord de Kampala, un mois après la fin officielle d'une précédente flambée qui avait fait 17 morts dans l'ouest, a annoncé la ministre ougandaise de la Santé. "Le ministère de la Santé souhaite informer la population qu'une autre (épidémie de) fièvre hémorragique virale Ebola a éclaté dans le pays", a déclaré la ministre, Christine Ondoa, lors d'une conférence de presse.
Mise à jour du 1er décembre 2012: La communauté internationale commémore la Journée mondiale de lutte contre le sida. L'Onusida a retenu comme thème: «Objectif zéro: zéro nouvelle infection au VIH, zéro discrimination, zéro décès lié au sida.» ****C’est une mauvaise nouvelle. Et c’est curieusement une mauvaise nouvelle dont on parle peu à Washington, où se tient la 19e Conférence internationale sur le sida.
Percée médicamenteuse contre un fléau majeur ou simple actualisation de la pharmacopée de portée réduite? L’Agence européenne du médicament (EMA) a donné son feu vert à la commercialisation d’un nouveau médicament utilisable dans le traitement du paludisme.
L’excision est en France une pratique interdite par la loi. Le 1er juin 2012, la cour d’assises de la Nièvre condamnait un couple d'origine guinéenne à deux ans et dix-huit mois de prison ferme pour avoir fait exciser leurs quatre filles âgées aujourd'hui de 11, 13, 18 et 20 ans.
La rougeole est l’une des maladies les plus contagieuses pouvant toucher l’homme. C’est aussi une importante cause de mortalité et de handicaps chez les enfants dans les pays en développement. Les personnes non vaccinées contre la maladie sont exposées à de graves complications parmi lesquelles des infections pulmonaires et digestives ainsi que neurologiques (encéphalites) et oculaires.
La technique des empreintes génétiques ne laisse plus place au doute: grâce à elle, les virologues ont démontré qu’avec la réapparition de bouffées épidémiques sur le Vieux Continent les virus rougeoleux circulent aujourd’hui sans entrave entre les pays européens.
Sur le front de la lutte contre la rougeole, de bonnes nouvelles viennent d’être publiées dans The Lancet. Entre 2000 et 2010, le nombre des personnes mortes prématurément à cause d’une infection rougeoleuse est tombé de 550 000 à 139 000. Dans toutes les parties du monde (à l’exception de l’Asie du Sud Est) la mortalité a chuté des trois-quarts.
La géopolitique s’intéresse-t-elle assez à la science démographique? Une étude publiée par trois chercheurs de l’Institut national d’études démographiques dans le dernier numéro de la revue Population & Société éclaire d’un jour nouveau les évènements politiques récents du Maghreb. Les signataires de ce travail, pour leur part, ne cachent pas leur surprise, au vu des chiffres qu’ils analysent. Ce travail est signé de Zahia Ouadah-Bedidi, Jacques Vallin et Ibtihel Bouchoucha.
Mise à jour du 13 décembre 2012: Cent ans après l'arrivée d'Albert Schweitzer à Lambaréné (250 km de Libreville), des chercheurs de l'hôpital fondé par le médecin alsacien s'activent pour mettre au point un vaccin contre le paludisme, maladie qui tue environ 650.000 personnes chaque année, surtout en Afrique.****
Mise à jour du 2 février 2012: La campagne financée par la France dans le township d’Orange Farm en Afrique du Sud a permis de circoncire plus de 25.000 hommes entre 2008 et 2011. Dans le bidonville, le pourcentage de séropositifs a déjà diminué de 25%, selon un reportage de Ouest-France. ***
La mort peut faucher large dans des espaces paradisiaques. Cela s’est passé durant la Grande guerre, il y aura bientôt un siècle, au sud-ouest de Bordeaux. Les touristes, alors, n’étaient pas encore au rendez-vous annuel des joies l’Atlantique, de la dune mouvante du Pyla, des infinies douceurs d’Arcachon. Loin des pins landais, vers le nord, la grande boucherie s’enlisait ; l’armée française avait plus que jamais besoin d’hommes. Nous étions en 1916.
Une grande majorité des seize millions de femmes aujourd’hui infectées par le virus du sida à travers le monde vivent en Afrique subsaharienne. Et dans cette même région continentale une forte proportion des femmes en âge de procréer a recours à une contraception hormonale dite «retard» conférée par des injections intramusculaires (à la fois profondes et trimestrielles) d’acétate de médroxyprogestérone (ou Depo-Provera).
Mise à jour du 3 février 2012: Selon un rapport de l'Institute for Health Metrics and Evaluation publié dans le journal médical The Lancet, 1,2 million de personnes sont décédées du paludisme en 2010, soit deux fois plus que le chiffre de 655.000 décès avancé par le dernier rapport de l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé).
Une étape importante va être franchie dans la lutte contre la «maladie du sommeil», cette grave affection d’origine parasitaire qui menace toujours une trentaine de pays d’Afrique subsaharienne.
L’épidémiologie est une discipline qui peut ne pas toujours être politiquement correcte; à commencer lorsqu’elle s’intéresse aux conséquences infectieuses collectives de certains comportements sexuels individuels. Le sida l’a amplement démontré depuis son émergence, il y a trente ans, au sein de la communauté homosexuelle masculine des grandes villes américaines.
S’intéresser à la prévention du sida c’est immanquablement se pencher sur les comportements sexuels. A commencer par ceux connus pour être «à haut risque» de transmission du VIH. Une étude publiée vendredi 15 juillet 2011 dans les prestigieuses colonnes de l’hebdomadaire médical britannique The Lancet met à mal certains lieux communs concernant la sexualité et les risques infectieux inhérents à la «simultanéité» des partenaires.
L’Afrique n’est en rien synonyme de calamités dans le domaine de la santé. Après les progrès progressivement obtenus dans le traitement des malades du sida, on vient d’apprendre que des avancées sanitaires majeures commencent à être obtenues dans la lutte contre les épidémies récurrentes de méningite qui sévissent dans plus d’une vingtaine de pays africains.
Nous le savons depuis plus d’un quart de siècle: il n’existe que deux méthodes pour prévenir la transmission (sexuelle) du virus du sida. La première —largement idéaliste et prônée par le Vatican— préconise la chasteté absolue avant le mariage suivie d’une réciproque et totale fidélité. La seconde —de caractère nettement plus pragmatique— se résume à l’utilisation systématique du préservatif masculin; du moins lorsque les partenaires estiment être l’un et l’autre dans ce qu’il est convenu d’appeler une situation potentiellement «à risque».
Etat d’alerte au siège genevois du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme. Cette prestigieuse institution sanitaire est désormais officiellement victime de malversations et de multiples détournements de fonds.
Qui, hier encore, pouvait imaginer que l'affaire Semenya prendrait une telle ampleur? Souvenons-nous. Tout commence à Berlin, au beau milieu du mois d'août et des Mondiaux d'athlétisme. Au départ cela prend la forme d'une bien triste affaire sportive, avec en toile de fond les toujours croustillantes interrogations sur la «véritable» identité sexuelle d'un(e) athlète.
Le sport moderne ne vit pas qu'au rythme des images, des records et des affaires de dopage. La sexualité peut aussi, parfois, être à l'ordre du jour; ou plus précisément l'identité sexuelle. C'est le cas aujourd'hui à Berlin après la formidable victoire de Caster Semenya, 18 ans, dans le finale du 800 mètres des championnats du monde d'athlétisme.
Samedi, le gouvernement kenyan annonçait l’interdiction d'entrée sur son sol des personnes en provenance des pays ouest-africains touchés par l’épidémie d’Ebola. Kenya Airways annonçait aussitôt la suspension de tous ses vols concernés. Aujourd’hui, l’OMS exhorte les gouvernements et les compagnies à ne pas suivre l’exemple du Kenya et de ceux qui l’ont précédé.
L'OMS ayant ouvert la porte, tout devient possible. Après le ZMapp offert par les Etats-Unis, le Canada annonce qu’il va donner jusqu’à un millier de doses d’un vaccin (le VSV-EBOV) qui n’a jamais vraiment été expérimenté sur l’homme.
Il faudra rapidement s’y habituer: avec Ebola tout va plus vite que prévu. La barre (officielle) des mille morts vient d’être franchie et la vitesse de diffusion du virus semble comme en adéquation avec le flux des informations qu’il génère.