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Maroc - Ces Philippines qui deviennent esclaves de leur employeur

Elles sont à peu près 3.000 sur le sol marocain. 3.000 femmes venues des Philippines pour trouver du travail en tant que domestique, et qui terminent bien souvent à jouer les esclaves pour des patrons peu scrupuleux.

«La majorité d'entre elles sont victimes de mauvais traitements et d'exploitation, y compris sexuelle» a expliqué le 5 décembre le consul honoraire des Philippines au Maroc, Porto Joselito, lors d’une conférence de presse à l’Organisation Démocratique du Travail, cité par Yabiladi le 6 décembre.

L’une des victimes de ces violences, Analissa Dalambines, a témoigné lors du point presse à l’Organisation Démocratique du Travail (ODT): «J'ai été séquestrée chez une dame qui avait confisqué mon passeport. Pour le récupérer, elle m'a dit que je devais lui donner 4.000 dollars». La jeune femme affirme aussi avoir été violée par son employeur.

«Lorsque je suis arrivée au Maroc, j'ai travaillé pour une femme qui me frappait régulièrement» a témoigné une autre jeune femme. Un véritable calvaire que la loi ne couvre pas.

Marcel Amiyeto, secrétaire de la section syndicale des Travailleurs Immigrés au Maroc de l’ODT, a pourtant expliqué que les Philippines qui venaient chercher du travail au royaume chérifien étaient dans la plus parfaite légalité. C’est au bout de trois mois que les choses se compliquent.

Car après ce délai, leur titre de séjour n’est plus valable, malgré leur contrat de travail. Et leur employeur peut faire ce qu’il veut. «Certaines ont subi des violences, d'autres ont été privées de leur salaire pendant plus d'un an» a ainsi souligné Marcel Amiyeto.

Il semblerait tout de même que la question des conditions de vie et de traitement des domestiques, y compris des très jeunes filles marocaines qui travaillent dans les familles aisées, soit devenue importante pour le pouvoir politique.

Le gouvernement marocain a ainsi signé le 5 décembre un accord de partenariat avec huit associations qui oeuvrent contre le travail des enfants. Un projet de décret visant à définir les travaux dangereux interdits aux enfants de moins de 18 ans est aussi en préparation, a rappelé le ministre de l’Emploi et de la Formation professionnelle, Abdelouahed Souhail.

Lu sur Yabiladi

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