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Les Marocaines disent tout sur le vagin

Parler sans retenue de vagin au Maroc. Voilà le défi relevé par les auteurs de la pièce «Dyali», dont la dernière représentation a été jouée dans les enceintes de l’Institut français de Rabat le 27 novembre dernier, lit -on sur le site marocain Yabiladi.

Basée sur le témoignage de 150 femmes marocaines issues de toutes les classes sociales, la pièce avait été largement médiatisée lors de sa sortie en juin dernier, soulevant de surcroît l’ire des plus conservateurs.

La pièce signée Naïma Zitan a été très vite comparée aux Monologues du vagin, écrite par la féministe américaine Eve Ensler qui a été un énorme succès. Mais pour la metteure en scène, la comparaison n’a pas lieu d’être vu son ancrage dans la société marocaine.

A travers cette pièce, le vagin se personnifie et devient femme, au grand dam des femmes qui ne voudraient pas être réduite à leur sexe. Etre une femme devient presque un fardeau à porter tout au long de sa vie et dans tous les espaces, privés comme publics. Extraits.

 «Mon vagin, je l'emmène partout avec moi: dans ma chambre, au hammam, au marché, partout partout, et même à la mosquée;»

«Je serre mes jambes, je les serre parce que personne ne doit le voir. Personne ne doit se dire qu'il est niché là, entre mes jambes.»

La collecte de tous les témoignages est intervenue quelques semaines après l’affaire dramatique d’Amina Filali, cette jeune Marocaine qui s’est suicidée après avoir été contrainte d’épouser son violeur.

«Pour la responsable de la programmation, cette affaire a certainement délier les langues de certaines femmes», rapporte Yabiladi.

Lu sur Yabiladi

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