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Mali - Comment le MNLA voit les négociations inter-maliennes à Ouaga

Les négociations inter-maliennes tripartites qui se déroulent à Ouagadougou, la capitale du Burkina Faso, depuis le 3 décembre ont pour but de parvenir à un dialogue entre l’Etat malien, les rebelles touareg laïques du Mouvement National de Libération de l’Azawad (MNLA) et Ansar Dine (les défenseurs de la foi), un groupe islamiste armé qui contrôle certaines zones du nord du Mali.

Dans ces rencontres destinées à résoudre la crise au Mali, le MNLA occupe une place importante. C’est ce qu’est venu dire à Paris l’un des représentants de l’organisation, Bilal Ag Chérif (ou Ag Achérif).

Interrogé par le blog Africamix, le dirigeant a donné quelques éclaircissements quant à la réalité rencontrée par le MNLA au Nord-Mali et ses attentes pour l’avenir, dans un contexte où les négociations paraissent compliquées.

Au sujet d’Ansar Dine tout d’abord, Bilal Ag Chérif explique:

«Politiquement, nous sommes en opposition. Nous n’avons pas changé de discours à leur égard, depuis la création de leur mouvement. Ils doivent couper totalement leurs relations avec Al-Qaïda. Le MNLA n’accepte pas cette vision de l’islam qui est extérieure à celle des Azawadiens (habitants du Nord-Mali ndlr)».

Il estime toutefois qu’Ansar Dine doit couper ses liens avec le Mujao (Mouvement pour l’Unicité du Jihad en Afrique de l’Ouest) pour pouvoir entamer un dialogue. Optimiste quant au rôle que peuvent jouer les négociations de Ouagadougou, il pense que la situation sera clarifiée «dans les jours à venir».

En ce qui concerne les autorités légitimes maliennes, Bilal Ag Chérif  explique que de son point de vue le MNLA a toujours voulu dialoguer avec Bamako. Mais aujourd’hui, la situation confuse d’une intervention militaire à venir l’empêche de discuter avec la capitale.

Il estime pourtant que les positions de la rébellion ne sont pas incompatibles avec les négociations entreprises. «Le MNLA, depuis sa création le 1er novembre 2010, a clairement écrit et dit qu’il lutte pour le droit à l’autodétermination du peuple de l’Azawad. Avant même le déclenchement des opérations militaires, nous avons fait beaucoup d’appels à Bamako, qui n’a jamais répondu».

Le spectre d’une intervention militaire apparaît au MNLA comme un obstacle pour trouver un terrain d’entente. Il souligne ainsi l’incapacité de l’armée malienne, qui s’est selon lui rendue coupable d’exactions sur les populations du nord. «On n’accepte plus ce genre d’armée sur nos terres» explique-t-il.

Et de conclure : «Avant toute intervention militaire, il faut trouver une solution politique entre l’Azawad et le Mali».

Lur sur Africamix

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