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Tintin au Congo blanchi par la justice belge

Non, Tintin au Congo n’est pas raciste. C’est du moins ce qu’affirme la justice belge, voulant mettre fin à la polémique qui dure depuis quelques années déjà.

Attaquées par le Belgo-Congolais Bienvenu Mbutu Mondondo et le Cran (Conseil Représentatif des Associations Noires de France), la maison d’édition Casterman et l’entreprise SA Moulinsart, qui gère l’exploitation commerciale de la BD, ont finalement eu gain de cause en deuxième instance à la Cour d'Appel de Bruxelles le 5 décembre  a indiqué la RTBF.

Un premier procès avait déjà eu lieu en février 2012, dans lequel il était reproché à l’épisode de Tintin de «véhiculer les clichés les plus racistes de l'époque coloniale» avait rapporté alors France Info.

Le Cran et Bienvenu Mbutu Mondondo avaient alors demandé l’arrêt de la distribution de la bande dessinée, en attendant que celle-ci bénéficie d’une préface informant le lecteur du caractère choquant de certaines bulles, et replaçant l’histoire dans son contexte. Une première fois déboutés, les plaignants avaient décidé de faire appel.

Pourtant, cette fois-ci encore, les conclusions de la justice sont sans équivoque.

Tintin au Congo est donc «blanchi», selon le jeu de mot voulu par le quotidien belge Le Soir. Pour la justice belge, la BD ne peut être ni «raciste» ni «méchante» puisque Tintin «cultive l’amitié avec le petit Coco, contribue à la paix entre deux tribus rivales, n’hésite pas à mettre sa vie en danger pour autrui et lutte contre le mal, représenté non pas par un Noir mais par un Blanc».

Mais alors, que reprochent les plaignants à cet épisode de Tintin? Depuis l’apparition de «l’affaire» Tintin au Congo, que le quotidien français Le Figaro fait remonter à 2007 (lorsqu’une association anglaise demande aux libraires de retirer leurs exemplaires des rayons), c’est la vision des Congolais développée par Hergé qui pose problème.

Le Figaro relate ainsi un passage de l’épisode, cité par le plaignant Mbutu Mondondo comme exemple:

«Tintin ordonne aux passagers d'un train qu'il vient de percuter, de le redresser sur le champ “Allez, au travail, vite!”, hurle le reporter aux Congolais. Dans son coin, Milou ajoute: “Allons, tas de paresseux, à l'ouvrage!”. Les Congolais, qui s'expriment toujours en français incorrect, remercient Tintin, “Li missié blanc, très malin”».

Si la justice belge ne reconnaît pas ici de caractère raciste, mais parle plutôt d’«humour candide», quelques pays ont d’ores et déjà pris les devants. En Suède par exemple, certaines bibliothèques locales ont décidé de retirer Tintin au Congo de leurs rayons.

Lur sur RTBF, Le Soir, France Info, Le Figaro

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