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Procès pour viols massifs en 2018 en RDC: audiences délocalisées

Le procès d'un ancien chef rebelle poursuivi pour viols massifs en 2018 dans plusieurs villages de l'est de la République démocratique du Congo a été délocalisé vers l'un des lieu où les faits s'étaient déroulés, a-t-on appris jeudi auprès de la partie civile.

La justice militaire a délocalisé les audiences du procès de Frédéric Masudi Alimasi, alias Koko-di-Koko, et de ses cinq coaccusés, vers Kitutu, un village du territoire enclavé de Mwenga, situé à environ 200 km à l'ouest de Bukavu, chef-lieu du Sud-Kivu (est). 

Ils sont poursuivis pour crimes contre l'humanité, par emprisonnement, viol, torture, disparition forcée, meurtre, réduction en esclavage, ainsi que participation à un mouvement insurrectionnel, selon l'acte d'accusation.

L'audience de mercredi a été consacrée à l'audition de Koko-di-Koko et d'un de ses coaccusés, Samitamba. Cet homme était la troisième personnalité du mouvement au moment des faits, selon John Achiza, un porte-parole de la Fondation Panzi, une des parties civiles. Des dizaines de victimes ont assisté à cette audience. La majorité de ceux qui ont témoigné ont affirmé avoir reconnu Koko-di-Koko, a-t-il dit au téléphone. 

Dans la nuit du 8 au 9 février 2018, Masudi Alimasi et ses miliciens du groupe armé Raïa Mutomboki sont accusés d'avoir effectué une incursion dans le village de Kabikokole, dans le Sud-Kivu. Ils ont "pris en otage plus d'une centaine de femmes (...) pour les violer l'une après l'autre", selon la Fondation Panzi, qui figure parmi les parties civiles.

En avril 2018, la même milice avait été accusée d'avoir commis des exactions similaires dans six autres villages dont Kitutu, selon l'accusation et les avocats des parties civiles.

Lors de l'audition, le chef rebelle a reconnu s'être rendu dans le village de Kabikokole en février 2018. Il affirme que lors de ce passage ses hommes "ont pillé quelques effets des villageois", a déclaré le porte-parole.

En mars 2018, l'AFP avait rencontré trois victimes de ces faits à la clinique de Panzi dirigée par le gynécologue congolais Denis Mukwege, prix Nobel de la paix qui avait été décerné en 2018 pour son travail en faveur des femmes victimes de violences sexuelles en marge des conflits armés qui déstabilisent les Kivu depuis 25 ans.

AFP

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