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Plainte du Sénégal contre Karim Wade à Paris pour enrichissement illicite


Karim Wade, le fils de l'ex-président sénégalais Abdoulaye Wade, le 15 novembre 2012 à Dakar AFP/Archives Seyllou

L'Etat du Sénégal a déposé à Paris une plainte contre Karim Wade, le fils de l'ex-président sénégalais Abdoulaye Wade, dans le cadre d'enquêtes sur de présumés enrichissements illicites, a-t-on appris mercredi de sources concordantes.

"Nous l'avons déposée (la plainte) et nous espérons qu'une information judiciaire sera ouverte. Nous avons de forts soupçons qu'une partie de l'argent en cause (dans le cadre d'enquêtes sur de possibles enrichissements illicites) a été investie en France", a affirmé à la presse la ministre de la Justice, Aminata Touré.

La plainte, déposée le 30 novembre, vise "Karim Wade et X", a précisé une source proche du dossier.

"Laissons le parquet de Paris ouvrir une information judiciaire. La justice entendra qui de droit pour élucider toutes ces affaires", a ajouté Mme Touré.

Karim Wade, 44 ans, a déjà été auditionné à quatre reprises par la gendarmerie à Dakar, deux fois en juillet et deux fois en novembre, sur un possible enrichissement illicite.

Son ancien ministère de la Coopération internationale, des Transports aériens, des Infrastructures et de l'Energie, doté de gros budgets, lui avait valu d'être surnommé "Super ministre" ou "Ministre du ciel et de la terre".

Ancien conseiller de son père, Karim Wade a également occupé plusieurs autres fonctions, dont celle de responsable de l'Agence nationale de l'Organisation de la conférence islamique, chargée de grands travaux avant le sommet de l'OCI organisé en mars 2008 à Dakar.

Il a été, après sa dernière audition le 15 novembre, interdit de sortie du territoire, ainsi que six autres dignitaires du régime d'Abdoulaye Wade, dont quatre ex-ministres. Abdoulaye Wade, resté 12 ans au pouvoir, a été battu à la présidentielle de mars par Macky Sall.

Les six anciens responsables doivent prochainement être auditionnés par la gendarmerie dans le cadre des enquêtes ouvertes à la demande de la Cour de répression de l'enrichissement illicite (CREI).

La CREI, créée en 1981 par l'ancien président socialiste Abdou Diouf (1980-2000), en sommeil depuis des années, a été réactivée après l'élection de Macky Sall.

L'ex-parti au pouvoir, le Parti démocratique sénégalais (PDS), accuse le nouveau régime de Macky Sall d'avoir lancé une "chasse aux sorcières" et se considère en "résistance".