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La haute couture nigériane débarque à Londres

«Milan, Londres, New York, Paris et pourquoi pas Lagos?», demande Penny Mcdonalds, l’organisatrice de Arise Swocase, dans le quotidien britannique The Guardian. Elle ambitionne de  propulser les créateurs africains dans la sphère mondiale de la mode.

Et la mode nigériane caresse peu à peu ce rêve du bout des doigts. En mars 2013 sera inauguré Londres Ndani, un magasin de mode à Selfridges, chaîne très chic de grand magasin qui peut se comparer aux Galeries Lafayette à Paris.

L’ouverture de cette boutique marque un tournant dans l’histoire de la mode africaine. Et son implantation prouve le changement de regard que l’on attribue à la création africaine souligne le journal britannique.

Ce magasin  sera une vitrine pour tous les créateurs du continent.

«Venir à Selfridges et apporter ma collection ici est un rêve qui se réalise puisqu’un plus grand nombre de gens pourra voir mes créations», explique la designer Lanre Da Silva Ajayi.

Et pour cause:

«Ma marque aura une position stratégique, nous sommes au cœur de l’industrie de la mode», s’enthousiasme-t-elle dans The Guardian.

Et d’ajouter:

«Tous les designers nigérians qui participent à ce projet partagent une passion commune pour les tissus de notre pays, notamment le tissu national l’ankara.»

Le Nigeria possède effectivement une tradition textile riche et ancienne, entre l'aso-oke, coloré et tissé main, et le tissu pagne, l’ankara, porté dans la vie quotidienne des Nigérians.

Cependant les tissus traditionnels sont réappropriés. Des designers tels que Eki Orleans ou Lisa Folawyio jonglent avec la tradition et la modernité dans leur création.

Et des créateurs de renom tel que Michael Kors, Gucci ou encore Roberto Cavalli s’inspirent de plus en plus de la mode venue d’Afrique de l’Ouest.

«Nous avons pris note du développement de la mode au Nigeria ces dernières années et nous avons pensé à l’apporter ici à Londres», indique Judd Crane, directeur du département du prêt-à-porter féminin à Selfridges.

«Les créateurs originaires de Lagos apportent un nouveau souffle qui est unique. Ce dernier est également une opportunité pour nos clients de découvrir une nouvelle façon d’expérimenter la haute couture», indique Judd Crane.

Lu sur The Guardian

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