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Nigeria: l'armée accuse Action contre la faim d'"aider les terroristes"

L'armée nigériane a accusé Action contre la faim (ACF) d'aider les terroristes en leur fournissant nourriture et médicaments dans le nord-est du Nigeria, en proie à une insurrection jihadiste et où les militaires ont fermé les bureaux de l'ONG française.

"Les activités subversives de l'ONG Action contre la faim ont persisté malgré plusieurs avertissements pour qu'elle cesse d'aider et d'encourager les terroristes et leurs atrocités", a affirmé dans un communiqué jeudi soir le colonel Isa Ado.

Le porte-parole de l'opération Lafiya Dole, en charge la lutte contre les groupes jihadistes dans le nord-est, a dénoncé "les pratiques malsaines" de certaines ONG sur les théâtres d'opération.

ACF est "déclarée persona non grata pour avoir aidé les terroristes de Boko Haram/Iswap (Etat islamique en Afrique de l'Ouest) en leur fournissant nourriture et médicaments", a-t-il poursuivi.

Sans préavis et sans donner de raison, des camions de l'armée ont obligé le personnel de l'ONG à évacuer et fermer leurs bureaux à Maiduguri, la capitale de l'Etat de Borno ainsi qu'à Damaturu, dans l'Etat voisin de Yobe.

Le directeur pour le Nigeria d'ACF, Shashwat Saraf, a confirmé la fermeture de ses bureaux dans une interview à la presse locale. 

"Nous sommes très surpris", a-t-il dit. "Pour l'instant, nous n'avons toujours aucune information", a souligné M. Saraf. 

L'ONG a estimé peu après dans un communiqué que cette décision "compromet l'aide apportée par ACF aux plus vulnérables de l'Etat du Borno et force à suspendre immédiatement ses programmes touchant plusieurs millions de personnes".

Les relations entre l'armée nigériane et les ONG ont toujours été émaillées de tensions dans le nord-est du Nigeria, où l'insurrection jihadiste et sa répression ont fait plus de 35.000 morts en 10 ans.

En juillet dernier, six employés d'ACF, dont des contractuels, avaient été enlevés par l'ISWAP, la branche de Boko Haram affiliée au Groupe Etat islamique, alors qu'ils rentraient à leur base de Damaturu.

Une source humanitaire basée dans la région a confié à l'AFP que ces fermetures soudaines pouvaient être liées avec les négociations menées pour faire libérer les otages, toujours entre les mains de l'ISWAP. 

AFP

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