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Portrait de Tunisiennes et Tunisiens qui voulaient être libres sous Ben Ali

Faire le portrait de Tunisiennes et Tunisiens qui ont combattu et souffert du régime Ben Ali. Un défi que s’est lancé Augustin Le Gall, un jeune photographe vivant entre Tunis et Marseille, et membre du Collectif dékadrage, un groupe de photographes qui travaillent principalement dans les pays méditerranéens et réfléchissent «sur la place de l’individu dans la société et la place de l’outil photographique dans un univers en mutation.»

A travers cette série de portraits, Augustin Le Gall rend hommage à ceux et celles qui se sont battus contre un régime autoritaire, commente le site d'Amnesty international.

Il montre également les prémices des mouvements de contestations qui ont abouti au départ de Ben Ali le 14 janvier 2011.

Il a rencontré Najoua Rezgui, une militante tunisienne emprisonnée entre 1994 et 1997 pour avoir milité au sein de l’Union générale des étudiants tunisiens. Elle avait participé à la manifestation du 1er novembre 1994 contre les réformes universitaires à Kairouan. Ce militantisme lui avait valu 28 mois d’emprisonnement.

 «Je me rappelle du nombre important de policiers et de la violence utilisée contre nous ce jour-là. Mais ce que je retiens aujourd’hui, c’est la solidarité des paysans aux alentours de la faculté qui ont caché les étudiants agressés. C’est ce jour-là que j’ai pris confiance en ce peuple… »

Dans la série, on retrouve de nombreux militants islamistes qui ont été chassés et réprimés pendant des décennies. Victimes du régime, ils ont incarné après la révolution une véritable rupture avec celui-ci.

Houcine Ghodbane a commencé à militer dans le mouvement islamiste dès les années 1970 et a été emprisonné sous Bourguiba. En 1991, il est emprisonné en tant que responsable du bureau du parti Ennahda de Tunis-Ville. Son militantisme au sein du parti islamiste lui a coûté 17 ans de prison.

«À l’époque, je m’attendais à être emprisonné pour mes activités politiques. J’ai découvert un système qui, en plus de la torture physique, souhaitait détruire la personnalité de chaque individu (…) C’est une zone sombre de ma vie. Ce qui me donne confiance aujourd’hui, c’est que la Révolution nous a mis sur le bon chemin…».

Lu sur Amnesty International

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