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Le retour de l'ONG L'Arche de Zoé sur le banc des accusés

Cinq ans après la tentative d’exfiltration de 103 enfants orphelins du Darfour vers la France, six membres de l’association L’Arche de Zoé comparaissent ce 3 décembre 2012 devant le tribunal correctionnel de Paris.

Ils encourent jusqu’à dix ans de prison et 750.000 euros d’amende pour «escroquerie, exercice illégal de la profession d’intermédiaire en vue de l’adoption et aide au séjour régulier de mineurs étrangers» pour les démarches engagées avant le départ au Tchad, note Le Monde.

L’association d’aide humanitaire avait promis l’adoption d’un enfant orphelin originaire du Darfour, une région déchirée par la guerre, à des dizaines de familles françaises. Au total, ce sont près de 358 familles qui étaient impliquées en vue d’une adoption et qui avaient parfois versées des sommes faramineuses. Aujourd’hui, une trentaine d’entre elles se sont constituées parties civiles au procès.

Les faits remontent à fin avril 2007. A l’occasion de la Journée internationale pour le Darfour, l’organisation caritative L’Arche de Zoé créée en 2004 à la suite du tsunami en Haïti, annonce dans un communiqué vouloir sauver «10.000 enfants du Darfour». Et propose à des familles d’accueil de «prendre en charge un orphelin de moins de 5 ans».

L'appel de l'association ne tarde pas à faire réagir le ministère des Affaires étrangères français qui émet ses premières mises en garde. Mais, l’Arche de Zoé continue son opération de «sauvetage» à travers une campagne d’affichage et demandent au moins «1.000 familles pour que l’opération ait lieu».

C’est finalement sous le nom de «Children Rescue» que les membres de l’association qui prétendent avoir l’agrément du Haut-Commissariat pour les réfugiés de l’ONU et des autorités tchadiennes, tentent d’embarquer à bord d’un Boeing les 103 supposés orphelins.

Le 25 avril 2007, l’affaire éclate au grand jour en France et au Tchad. Eric Breteau, président de l’association et son équipe sont accusés par le président tchadien Idriss Déby, d’une tentative «d’enlèvement pur et simple».

Du côté du banc des accusés, les membres de l’association se défendent d’avoir participé à une opération illégale. Six audiences sont prévues jusqu'à mi-décembre pour percer le mystère de cette rocambolesque affaire.

Lu sur Le Monde

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