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Tiken Jah Fakoly se félicite du transfèrement de Gbagbo à la CPI

Paris déroule le tapis rouge à Tiken Jah Fakoly. L'artiste ivoirien a été honoré le 26 novembre 2012 de l’un des grands prix Sacem (Société des auteurs compositeurs et éditeurs de musique). A 44 ans, le reggaeman ivoirien est distingué dans la catégorie «Grand prix des musiques du monde», rapporte Afriquinfos.

Il y a peu, Tiken Jah et Alpha Blondy, deux figures emblématiques de la musique en Côte d’Ivoire, étaient les stars d’une caravane de la réconciliation dans le pays. Dans une interview accordée à RFI, Tiken Jah, fait un bilan de cette campagne de sensibilisation.

Même s’il estime que le gouvernement d’Ouattara doit faire un effort pour la réconciliation de la Côte d’Ivoire, l’artiste se dit absolument pas choqué par l’emprisonnement de Laurent Gbagbo à la Cour de La Haye.

«C’est un signal qui est donné à tous les chefs d’Etat africains pour leur dire qu’il y a 20 ans en arrière, on pouvait se permettre de truquer les élections, ordonner qu’on tire sur la population, et que désormais, il y a une prison pour les chefs d’Etat qui vont trop loin», a-t-il jugé.

Sur son prochain album —le 9e dont la sortie est très attendue dans les prochains mois—, Tiken Jah a consacré un titre à la dénonciation des modifications constitutionnelles en Afrique, tout en honorant le parcours politique des chefs d’Etat africains qui ont pris sur eux de respecter la durée de leurs mandats légaux. Un morceau intitulé «La porte de l’Histoire».

Figure de la scène reggae ivoirienne sur les traces du leader Alpha Blondy, Tiken Jah Fakoly est aussi un des porte-paroles de la jeune génération de son pays face aux difficultés politiques.

Un engagement politique qui lui ont valu des menaces de mort en 2003, qui l’ont poussé à s’exiler volontairement au Mali. Grâce à ses nombreuses dénonciations des régimes dictatoriaux, l’artiste est devenu une voix forte de l’Afrique militante. Ses chansons inspirent même la naissance de mouvements de protestations, comme celui de Y’en a marre au Sénégal.

Lu sur Afriquinfos, RFI

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