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Des militaires français de la Force Licorne accusés de meurtre

Sept ans après la mort de l’Ivoirien Firmin Mahé, quatre militaires français comparaissent en assises pour le meurtre du supposé «coupeur de route» ce 27 novembre 2012. Agé de 29 ans, le jeune ivoirien avait été étouffé en 2005 avec un sac-poubelle alors qu’il se trouvait dans un véhicule blindé léger de l’armée, rapporte RFI.

Pour les militaires, il ne s’agissait que d’un «coupeur de route», capable de commettre les pires exactions en pleine guerre civile ivoirienne.

L'adjudant-chef Guy Raugel a reconnu dans son rapport «avoir étouffé» le jeune coupeur de route, dès le lendemain de l'incident. Mais la cour d'assises de Paris a prévu deux semaines d'audiences pour tenter de déterminer qui lui en a donné l'ordre.

Firmin Mahé est décrit comme un criminel. Mais pour ses proches, il y a erreur sur la personne.

Identifié comme étant l’auteur de plusieurs meurtres et viols dans la région, il avait été blessé à une jambe dans un affrontement avec les militaires.

Lors de son trajet à bord du véhicule de la Force Licorne devant le transporter à l’hôpital, l’un des 3 militaires présents dans le blindé, Guy Raugel étouffe le jeune ivoirien en emprisonnant sa tête dans un sac plastique.

L’adjudant-chef a reconnu les faits, expliquant avoir agi sur ordre de son chef, le colonel Eric Burgaud, inculpé lui aussi. Celui-ci assure, de son côté, avoir relayé un ordre implicite de son supérieur, le général Henri Poncet.

A l’époque des faits, en pleine guerre civile ivoirienne, la force Licorne —les troupes françaises envoyées en Côte d’Ivoire depuis 2002 dans le cadre d’un mandat de l’ONU— décide de mettre fin aux agissements de «coupeurs de route». Firmin Mahé a été considéré comme étant l’un d’eux.

Le colonel Eric Burgaud est aujourd’hui au centre du procès. Pour son avocat Alexis Gublin, son client va «assumer devant la cour. Il n’a pas eu la force morale de s’opposer à un ordre venu de plus haut». Celui-ci assure avoir reçu des directives du général Poncet. Mis en examen, ce dernier a bénéficié d’un non-lieu.

Lu sur RFI

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