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Afrique du Sud - Jacob Zuma sacrifie douze vaches pour rester président

Vilipendé par la presse, décrié par son parti l’ANC (Congrès national africain), Jacob Zuma s’est tourné vers les rites ancestraux pour rester au pouvoir, lors du prochain congrès du parti du 16 au 20 décembre, rapporte le quotidien sud-africain The Star.

La famille du président sud-africain a ainsi procédé, le week-end du 24 novembre, au sacrifice de 12 vaches à Nkandla au Kwazulu-Natal, village natal de Jacob Zuma situé à l’est du pays.  

L’objectif: invoquer la protection des ancêtres de son clan contre ses rivaux, rapporte le quotidien sud-africain le Sowetan.

«Une grande photo montrant un Jacob Zuma exubérant et dansant en tenue traditionnelle, le front ceint d'un bandeau en peau de léopard, barrait la Une du quotidien The Star, tandis que le Times citait les invocations prononcées», rappelle le site sud-africain The Citizen.

«Huit des vaches ont été tuées le 23 novembre. Deux autres ont été sacrifiées le 24 et les deux dernières le 25 (…). Nous sommes sûrs à présent avec cette cérémonie qu’il est protégé et qu’il reviendra ici pour célébrer avec nous sa victoire», a indiqué Nomthandazo Zuma, l'un des convives, au Star.  

Des dizaines d'invités acheminés en bus ont ensuite été régalés lors d'un banquet organisé sur la propriété privée de Jacob Zuma, dont la coûteuse rénovation a fait scandale ces dernières semaines.

Les journalistes n’étaient pas en odeur de sainteté, ils ont été escortés par des vigiles vers la sortie, souligne The Star.

«Qui vous a invité? Qui vous a dit de venir?», a ainsi interrogé Edward Zuma, l’un des fils de Jacob Zuma.

Une coalition hétéroclite surnommée «N'importe qui sauf Zuma», qui comprend notamment l'ancien patron des jeunes du parti, Julius Malema, est partie en campagne pour obtenir sa tête, et placer à sa place le vice-président Kgalema Motlanthe, souligne l'AFP. 

Cependant, selon les analystes, Jacob Zuma a de bonnes chances de rempiler pour un autre mandat. 

Car depuis le début de sa présidence en 2009, Jacob Zuma, 70 ans, revendique et cultive un retour aux pratiques ancestrales africaines, qui le distingue de ses prédécesseurs, Thabo Mbeki (1999-2008) et Nelson Mandela (1994-1999).

Il en a d'ailleurs fait sa marque de fabrique dans un pays paradoxalement parmi les plus occidentalisés du continent africain. 

Lu sur The Star, Sowetan, The Citizen 

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