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Au Tchad, on veut bâillonner la presse

Le Tchad est dans le collimateur de Reporter sans Frontières (RSF). L’organisation s’est procurée une copie d’un projet de loi du gouvernement, en discussion depuis octobre 2012, qui ambitionne de réduire drastiquement la liberté de la presse.

Raison invoquée de la part du gouvernement: assainir le paysage médiatique.

RSF exprime «sa vive préoccupation face à ce texte liberticide, élaboré au terme d'un processus marqué par la plus grande opacité et qui signerait l'arrêt de mort des journaux indépendants».

A titre d’exemple, l'article 17 prévoit que le siège des imprimeurs se situe «obligatoirement sur le territoire national».

Cette mesure a dans le viseur les journaux de Ndjaména qui  impriment dans des villes du nord du Cameroun, pour des raisons économiques, comme par exemple d’«Abba Garde» qui imprime à Garoua.

«Comment ne pas voir dans cette manœuvre le zèle d'une partie du gouvernement pour neutraliser la presse et éviter à l'avenir les problèmes que celle-ci lui pose aujourd'hui ? », s'est interrogée l'organisation Reporters sans frontières.

Et pour cause, selon RSF, le gouvernement veut obtenir la fermeture de plusieurs titre, notamment d’opposition «Ndjaména Bi-hebdo» et le bimensuel « Abba Garde », «dernier né des journaux tchadiens et actuellement le plus lu de la capitale», a souligné l’organisation.  

«S’il était adopté, ce projet de loi entérinerait un recul de 40 ans pour la liberté de la presse au Tchad. Il ne serait plus possible de traiter l’information et de pratiquer le journalisme dans ce pays tel que c’est le cas aujourd’hui», a conclu Reporters sans frontières.

Lu sur Reporter sans Frontières

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