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Tunisie/présidentielle: Chahed, candidat, veut réduire l'interventionnisme de l'Etat

Le Premier ministre tunisien Youssef Chahed, candidat à la présidentielle du 15 septembre, a appelé lundi à réduire l'intervention de l'Etat dans l'économie, au premier jour de la campagne électorale.

"Je suis contre le libéralisme sauvage", a-t-il assuré dans un grand hôtel de Tunis, devant un parterre de partisans. "L'école et la santé font partie du rôle de l'Etat, mais il y a beaucoup de domaines dans lesquels l'Etat ne va plus intervenir", a-t-il déclaré.

Plusieurs entreprises publiques tunisiennes, comme la compagnie aérienne Tunis Air ou la compagnie des phosphates de Gafsa, font face à d'importantes difficultés de gestion et de financement. 

Le FMI a accordé en 2016 un prêt de 2,4 milliards d'euros sur quatre ans à Tunis, qui s'est engagé à mener de vastes réformes.

M. Chahed, qui a délégué fin août ses pouvoirs de chef de gouvernement, a aussi dit vouloir créer "une zone de libre-échange avec l'Algérie" voisine.

Il a en revanche appelé à augmenter de 15% le budget de la sécurité, quelques heures après la mort d'un membre de la Garde nationale et de trois extrémistes armés lors d'échanges de tirs à la frontière algérienne.

M. Chahed a aussi exhorté à mener une "réflexion sur une émigration concertée" vers l'Europe, assurant qu'il chercherait à obtenir un assouplissement des procédures de visas.

Le Premier ministre quadragénaire, qui se présente pour la première fois à une élection, a fait valoir son "expérience", défendant son bilan en matière de sécurité et de tourisme.

Il s'est à nouveau présenté comme un champion de la lutte contre la corruption, appelant à faciliter la levée de l'immunité parlementaire.

Un de ses adversaires politiques, le magnat des médias Nabil Karoui, soupçonné de blanchiment d'argent, est incarcéré depuis le 23 août et ses partisans accusent M. Chahed d'avoir instrumentalisé la justice pour l'écarter, ce que ce dernier dément.

L'épouse de M. Karoui doit tenir un meeting lundi soir dans la grande ville minière de Gafsa (centre). L'ancien président Moncef Marzouki est en campagne à Sfax (est), comme Abdelfattah Mourou, premier candidat issu du parti d'inspiration islamique Ennahdha à briguer la présidence.

Les résultats préliminaires du premier tour de la présidentielle anticipée sont attendus le 17 septembre, moins de deux mois après le décès du président Béji Caïd Essebsi. 

Le second tour de ce scrutin, aussi indécis que vital pour consolider la démocratie dans l'unique pays rescapé du Printemps arabe de 2011, doit avoir lieu au plus tard le 13 octobre, selon l'instance chargée des élections.

AFP

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