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Algérie: l'armée veut une présidentielle avant la fin de l'année

Le haut commandement de l'armée algérienne a réclamé lundi que le décret de convocation de la présidentielle devant élire un successeur à Abdelaziz Bouteflika soit publié le 15 septembre, ce qui permettrait au scrutin de se tenir avant la fin de l'année.

Depuis la démission le 2 avril du président Bouteflika, sous la pression d'un mouvement de contestation inédit (le "Hirak"), le haut commandement de l'armée, longtemps titulaire du "pouvoir réel" en Algérie, a repris de facto les commandes du pays. Il refuse toute autre solution de sortie de crise qu'un scrutin présidentiel.

"Il est opportun de convoquer le corps électoral le 15 du mois de septembre courant et que les élections puissent se tenir dans les délais fixés par la loi", a déclaré dans un discours sur le terrain le chef d'état-major de l'armée, le général Ahmed Gaïd Salah, dans ce qui ressemble à une instruction au président par intérim Abdelkader Bensalah, constitutionnellement chargé d'une telle convocation.

La loi électorale prévoit que le "corps électoral est convoqué par décret présidentiel 90 jours avant la date du scrutin" présidentiel: si elle est effectivement convoquée le 15 septembre, l'élection se tiendra donc mi-décembre. Une convocation postérieure pourrait la repousser à 2020.

Le "Hirak", qui a éclos de manière totalement inattendue le 22 février, est resté mobilisé tout l'été contre cette présidentielle, refusant que les anciens fidèles du président déchu --M. Bensalah et le général Gaïd Salah en tête-- organisent le scrutin et exigeant leur départ préalable du pouvoir.

Le général Gaïd Salah avait déjà appelé ces derniers jours à "accélérer" les préparatifs du scrutin, notamment la mise sur pied d'un organisme indépendant chargé de "superviser toutes les étapes du processus électoral". Il a à nouveau réclamé lundi que cette structure soit installée "rapidement".

- "Hommes loyaux" -

Le scrutin sera précédé par "la révision de quelques textes de la loi électorale" mais il n'y aura pas de "révision totale et profonde qui toucherait tous les textes, tel que revendiqué par certains, ce qui prendrait beaucoup de temps", a aussi affirmé le général Gaïd Salah.

Une partie du Hirak, des partis de l'opposition et des associations citoyennes réclament avant tout scrutin la mise en place d'institutions de transition chargées de réformer profondément l'Etat et de réviser notamment la Constitution, ce qu'a toujours rejeté le pouvoir.

Dans son discours lundi, Le général Gaïd Salah a également salué "les efforts fournis par l'Instance nationale de la médiation et du dialogue", chargée par le président Bensalah de mener des consultations en vue de proposer des modalités d'organisation de la présidentielle censées en garantir la sincérité.

Lundi, le coordinateur de cette instance, l'ex-président de la Chambre basse Karim Younes, a parallèlement annoncé la présentation dans les prochains jours de "deux propositions" pour réviser la loi électorale et mettre sur pied la structure chargée de l'organisation et la surveillance du scrutin, a rapporté l'agence officielle APS, sans autre détail.

"M. Younes a indiqué que ces deux propositions constituaient la conclusion de l'ensemble des propositions formulées par les partis politiques, les personnalités et représentants de la société civile reçus par l'Instance", a poursuivi APS.

Le chef d'état-major de l'armée a par ailleurs adressé une sévère mise en garde contre ceux qui s'opposent à la tenue de la présidentielle et à l'actuel pouvoir, dénonçant la "conspiration de certains partis contre la Patrie et le Peuple".

Ils "n'ont d'autre souci que la critique et le dénigrement", a asséné le général en les sommant de "cesser de mettre des obstacles sur le chemin des hommes loyaux qui apportent des initiatives pour faire sortir le pays de la crise".

"Au sein de l'Armée (...), nous ne tolérerons aucune tentative d'entrave au travail des institutions de l'Etat et (...) ferons face avec rigueur à ces man½uvres", a-t-il poursuivi.

L'annulation de la présidentielle initialement prévue le 4 juillet a plongé le pays dans une crise constitutionnelle, le mandat de 90 jours du chef de l'Etat par intérim ayant expiré début juillet. M. Bensalah a annoncé qu'il resterait en fonctions jusqu'à l'élection d'un nouveau président.

AFP

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