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Qui a véritablement enlevé le Français au Mali?

Il aura donc fallu attendre une journée pour que les islamistes du Mujao (le Mouvement pour l’Unicité du Jihad en Afrique de l’Ouest) ne revendiquent à demi-mot l’enlèvement le 20 novembre d'un ressortissant français à l’ouest du Mali, qui serait toujours en vie, comme l'a indiqué le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius à l'AFP.

«Les moudjahidines, avec la bénédiction de Dieu, ont dans leurs mains un Français venant d'un pays qui veut diriger les armées contre les musulmans» a ainsi indiqué à l’AFP Abdoul Hicham, l’un des membres dirigeants du Mujao, sans préciser pour autant que son groupe était responsable du kidnapping.

Des vérifications seraient d'ailleurs toujours en cours:

«Maintenant, il faut se méfier parce qu'on ne sait pas exactement les conditions dans lesquelles cela s'est passé. On ne sait pas si c'est un groupe qui l'a enlevé pour le revendre à un autre groupe, ou si c'est directement des gens du nord» a précisé le chef de la diplomatie française Laurent Fabius à l'AFP.

Selon le Journal du Mali, «au moins six hommes à la peau claire» auraient enlevé Gilberto Rodriguez Léal, «un Français d'origine portugaise âgé de 61 ans» le 20 novembre au soir à Diéma, dans la région de Kayes (ouest du pays).

Chose surprenante s’il en est: la zone où le ressortissant français été kidnappé n’est pas connue pour être potentiellement la cible des groupes djihadistes qui contrôlent actuellement le Nord-Mali depuis plusieurs mois.

Bien sûr, un couple italo-burkinabè avait déjà été capturé il y a trois ans dans cette région, proche de la frontière mauritanienne. Mais depuis ce malheureux incident, nulle trace du Mujao ou d’Ansar Dine dans cette zone.

«Contrairement au Nord, vaste région aride qui occupe les deux-tiers du territoire malien, l'ouest et le sud du Mali restent sous contrôle des autorités de transition en place à Bamako depuis avril» a ainsi récapitulé l’AFP.

Reste que les autorités françaises ont avancé l’idée que le véritable lieu de l’enlèvement n’était pas Diéma, mais la ville de Nioro, bien plus proche de la frontière avec la Mauritanie, rappelle le Journal du Mali.

François Hollande lui-même a d’ailleurs déclaré: «Je confirme qu'il y a eu l'enlèvement d'un ressortissant français dans le sud-ouest du Mali, c'est-à-dire pas dans la partie où il y avait le plus grand danger» selon le Journal du Mali.

Cet enlèvement porte à 7 le nombre d’otages français détenus au Sahel, et ouvre le débat sur la sécurité dans le sud du Mali, jusqu’ici épargné par les actions des djihadistes armés. 

Lu sur le Journal du Mali, AFP

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