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Ces immigrés dont la France veut se débarasser

Cinq associations autorisées à intervenir dans les centres de rétention en France ont dénoncé dans un rapport le nombre élevé de migrants expulsés du territoire français en 2011, selon Les Echos.

L’Ordre de Malte, France Terre d’Asile, l’Association Service Social Familial Migrants (Assfam), Forum Réfugiés et la Cimade ont ainsi expliqué que «l'administration a poursuivi coûte que coûte une politique de quotas d'éloignement dont le résultat chiffré doit être dépassé chaque année». 

Une information intéressante est en outre rapportée par Les Echos: «sur un total de 64.000 expulsions (en 2011), environ 31.335 sont intervenues depuis les départements d'outre-mer», ce qui n’apparaît pas dans «la communication ministérielle» selon les associations.

Elles affirment aussi que 5.389 enfants ont été expulsés depuis l’île française de Mayotte, dans l’Océan indien, et que de nombreux Tunisiens, «dont une bonne part venait de quitter leur pays en plein printemps arabe, ont rempli cette même fonction dans le cadre de la politique du chiffre» depuis la métropole.

Les associations ont aussi dénoncé à travers leur rapport une utilisation trop «massive» des centres de rétention. Au moins 51.385 personnes y ont été enfermés en 2011, dont près de 6.000 enfants. Selon elles, c’est la loi dite Besson, du nom de l’ancien ministre de l’Immigration, qui est responsable de cette situation.

En effet, «cette loi a principalement permis à l'administration d'éloigner 25,3% des personnes placées en rétention avant leur cinquième jour d'enfermement, sans qu'elles puissent défendre leurs droits devant un juge judiciaire» ont expliqué les associations.

Lu sur Les Echos

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