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Ouganda - Les femmes flics accusées d'être des voleuses de maris

«Nos maris se comportent étrangement quand ils rentrent du travail, nous maltraitent et disent même que leurs collègues femmes font des choses qu'on ne peut pas faire».

Tel est le cri d’alarme lancé par des femmes de policiers ougandais dans les casernes de Naguru, Kireka et Ntinda de Kampala. Elles ont interpellé les institutions policières pour faire entendre, au milieu d’autres revendications, une étrange requête: demander à l’Inspecteur Général de la Police ougandaise (IGP) de changer les tâches attribuées aux policiers de sexe féminin.

En cause, le comportement des femmes agents de police accusées de «voler» leurs compagnons, et de jouer les «co-épouses» puis d’intimider les femmes légitimes des policiers.

«Les femmes des officiers ont dit à l'unisson au général Kayihura que les policières, à l’intérieur comme à l’extérieur des casernes, "protégeaient et servaient" leurs maris, au lieu de faire leur devoir» a expliqué le site du quotidien Daily Monitor ougandais.

Les femmes des officiers ont demandé qu’une enquête soit menée afin de faire la lumière sur cette affaire. Et pour cause, elle se sentent désemparées face à ces «“co-épouses”, puissantes en uniforme, qui ne cessent de les menacer» selon le quotidien.

Armées de casseroles, de bâtons, de poêles, d’assiettes et de couverts, elles ont défilé sous les mots d’ordre «Nous voulons le pouvoir. Nous avons faim. Payez les maris maintenant !»

Car au-delà de cette apparente crise de jalousie, le malaise qui agite les femmes des agents de police touche aussi aux conditions de vie et de travail auxquelles sont réduites les familles d’officiers. L’insalubrité et les coupures d’électricité sont autant de problèmes récurrents qui ont poussé les femmes à manifester.

En réponse à leur colère, le Major Général Kale Kayihura, Inspecteur Général de la Police, leur a promis qu’il satisferait au plus vite leurs revendications. «Avec effet à partir d'aujourd'hui, je prends en charge la gestion de ces casernes car ceux qui en sont responsables ont échoué» a ainsi déclaré le chef de la police des polices.

Lu sur le Daily Monitor

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