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Afrique du Sud - Pretoria, capitale et bastion des Afrikaners

Des milliers de personnes, en majorité des Afrikaners, ont assisté à un concert gratuit le 18 novembre à Pretoria, capitale de l’Afrique du Sud, pour protester contre le changement de nom de la ville, rapporte le site sud-africain The Citizen.  

De 20.000 à 30.000 personnes se sont rendus à l’événement selon l’organisation afrikaans, AfriForum. Plusieurs artistes afrikaners tels que Steve Hofmeyr, Jay, Sorine ou encore Gerrie Pretorius ont participé afin d’apporter leur soutien pour ne pas changer le nom de la capitale, souligne le site sud-africain The New Age.

Et pour cause, d’ici la fin de l’année 2012, Pretoria devrait être baptisé Tshwane.

Tshawne représente déjà une vaste communauté urbaine de 2,5 millions d'habitants qui englobe Pretoria, sa banlieue, et d'autres localités des environs. Ce nom est souvent employé par le gouvernement pour désigner la capitale, souligne le quotidien français Le Monde

L'ANC (Congrès national africain, au pouvoir depuis 1994) songe depuis 2005 à ce projet sans avoir encore osé passer à l'acte, selon les organisateurs car le nom actuel de la capitale honore le héros afrikaner Andries Pretorius, qui a écrasé une dizaine de milliers de Zoulous en 1838.

Un projet qui fait grincer des dents du côté des Afrikaners. Malgré l'installation en ville d'une nouvelle population noire ces dernières années, la capitale reste un bastion des Afrikaners.

 «Ce rassemblement montre le fort attachement de la population au nom de leur ville et de leur mécontentement face à la relance des manœuvres pour en changer le nom », a indiqué Kallie Kriel, membres d’Afriforum.

«Jusqu’à maintenant, ils (les Afrikaners, descendants des colons hollandais arrivés au XVIIe siècle) n’apprécient toujours pas que le pays va de l’avant. Dans leurs têtes ils n’ont toujours pas accepté le changement», a indiqué Dumisa Ntuli, porte-parole de l’ANC dans The New Age.

La ville de Pretoria a déjà entrepris de débaptiser de nombreuses rues pour honorer les héros de la lutte anti-apartheid, alors qu'on y croise encore ici et là des panneaux honorant les pères de l'apartheid.

La mairie ANC affirme chercher un équilibre entre la mémoire des anciens maîtres du pays et celle de leurs successeurs.

Lu sur The citizen, The New Age, AfriForum et Le Monde

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