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Drapeau malien à Bamako, le 11 avril 2012. REUTERS/Joe Penney
Drapeau malien à Bamako, le 11 avril 2012. REUTERS/Joe Penney

Mali, le grand bluff du MNLA

La situation est confuse au Mali depuis que le MNLA et Ansar Dine se sont désolidarisés des djihadistes d'al-Qaida.

Attaqués et persécutés jusque dans leurs derniers retranchements, les membres du Mouvement National de Libération de l’Azawad (MNLA) s’étaient retirés à Ménaka, ville frontalière entre le Mali et le Niger.

Eux qui revendiquaient l’intégralité et l’intégrité du territoire de l’Azawad (le nord du Mali) ont finalement fait contre mauvaise fortune bon cœur et ne cherchent aujourd’hui qu’un lopin pour s’implanter à nouveau dans la région afin de réorganiser leurs troupes.

Mais, selon toute vraisemblance, les islamistes du Mouvement pour l’unicité du jihad en Afrique de l’Ouest (Mujao) sont décidés à en découdre avec les rebelles qui se déclarent laïcs.

Et, pas plus tard que le 17 novembre dernier, des colonnes d’éléments du Mujao ont attaqué et pilonné les positions du MNLA qui, selon certaines sources sécuritaires régionales, aurait derechef subi une nouvelle lourde défaite.

Un revers cuisant qui intervient au moment où le président burkinabè Blaise Compaoré, médiateur dans la crise malienne, a réussi la prouesse de réunir autour d’une même table les islamistes d’Ansar Dine (les défenseurs de la foi) et les rebelles touareg du MNLA, à Ouagadougou.

Les deux groupes, politiquement et idéologiquement opposés, ont, du reste, appelé la communauté internationale à surseoir à toute intervention militaire au Nord-Mali.

Une situation confuse

On pourrait se targuer de ce que la menace d’intervention militaire brandie par la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) ait contraint les irréductibles d’Ansar Dine à accepter de dialoguer avec Bamako ; eux qui, jadis alliés au Mujao et à Aqmi (al-Qaida au Marghreb Islamique), sont coauteurs du massacre d’Aguelock.

Seulement, jusque-là, on ne parle que de dialogue sans jamais en donner les gages nécessaires. Le MNLA qui a été à l’origine du pourrissement de la situation au Nord-Mali n’a jamais officiellement renoncé à son projet sécessionniste. La preuve est qu’à chaque sortie d’un de ses nombreux porte-parole, le mot « Azawad » revient comme une ritournelle.

Même les islamistes d’Ansar Dine qui disent renoncer à l’application de la charia dans tout le pays, sauf à Kidal, donnent l’impression de vouloir tourner l’opinion en bourrique. Ils oublient volontiers que l’Etat malien est un et indivisible et que pour rien au monde, les autorités de Bamako ne leur concéderaient la création d’un Etat dans un Etat.

Autant dire que la situation est toujours confuse, si fait que l’on se demande si les négociations amorcées sous l’égide du médiateur et auxquelles le Premier ministre malien dit souscrire, ne ressemblent pas à un poker menteur, tant on virevolte.

Si ce n’est pas un dialogue de sourds, ça y ressemble fort. Ce qui laisse entrevoir de longues tractations à l’horizon, surtout que dans sa farouche volonté d’appliquer la charia, Ansar Dine, on le sait, a le soutien du Mujao et d’Aqmi.

Boundi Ouoba (Le Pays)

 

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