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En RDC, les tontons sont de vraies mères poules

Dans une grande partie de la République démocratique du Congo (RDC), l'oncle maternel joue un rôle plus important que le père biologique de l’enfant.

Et pour cause, dans certaines sociétés comme chez les Mbalas (groupe ethnique du Bandundu, localisé dans le sud-ouest de la RDC), l’oncle utérin entretient une relation particulière avec son neveu.

Ce dernier se sent souvent plus libre avec son oncle qu’avec son père, rapporte le site français Le Mouvement Matricien.

L'oncle maternel est une figure importante chez les peuples à système matriarcal. Ce dernier est responsable des enfants de ses soeurs et cousines.

«C'est lui qui assure leur protection, intervient lorsqu’il y a un litige et décide à propos de leur mariage. Il n’est pas étonnant que lorsque la famille ressent que l’oncle ou les oncles ne jouent pas leur rôle de façon effective, elle l’exprime par le nom de l’enfant», toujours selon la même source.

D'ailleurs, dans une interview parue dans le quotidien français La Croix, le Congolais Cyril Musila, chercheur associé au programme Afrique subsaharienne de l’Institut français des relations internationales (Ifri) et docteur en sciences sociales de l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS), confirme cette tendance.  

«Aujourd’hui, bien que je vive en France, je suis habité par cette tradition: je me considère comme responsable de mes neveux, même de ceux qui habitent en Afrique, et rien de décisif ne se fait pour mes enfants sans l’avis et l’accord des frères de ma femme, même ceux qui habitent en RDC. Dans la manière dont je vais m’occuper de mes enfants, j’ai des comptes à leur rendre.»

Et d'ajouter:

«Lorsqu’un neveu veut se marier, nous nous réunissons avec mes frères pour statuer sur sa demande. Dans nos traditions, c’est le fiancé qui apporte la dot à la famille de sa future femme. Une dot donnée aux oncles de la mariée. Le papa n’a pas son mot à dire. S’il veut faire passer un message, donner son avis, il ne peut le faire qu’à travers sa femme.»

Même si juridiquement le père est responsable de l'enfant, la loi coutumière veut que ce soit l'oncle, qui soit le responsable de ses neveux.

Cette structure de la parenté est présente chez les Bantous du Cameroun à l'Afrique australe, souligne La Croix. 

Lu sur La Croix et Le Mouvement matricien

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