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Maroc - La solitude des enfants exploités comme domestiques

Elles ont à peine huit ans, travaillent de longues heures pour un maigre salaire en tant que domestiques au Maroc et endurent des sévices physiques.  

Un rapport d’Human Rights Watch de 73 pages, intitulé «Lonely Servitude: Child Domestic Labor in Morocco» («Une servitude solitaire: Le travail des enfants domestiques au Maroc»), révèle que certains mineurs domestiques, majoritairement des filles, travaillent pendant 12 heures par jour, 7 jours par semaine, pour un salaire dérisoire (environ 8 dollars/ mois).

HRW rapporte également les témoignages de domestiques qui se plaignent d’être insultées par leurs employeurs mais aussi battues à coup de bâtons, de chaussures ou de tuyaux en plastique.

Certains employeurs les privent d’aller à l'école ou refusent qu’elles se nourrissent suffisamment.

«Le rapport s'appuie sur des recherches menées au Maroc en avril, mai et juillet 2012, à Casablanca, Rabat, Marrakech et dans les environs d’Imintanoute, dans la province de Chichaoua», lit-on sur le site de Human Rights Watch.

20 anciennes domestiques ont été interrogées. Quinze d'entre-elles avaient commencé à travailler avant 12 ans.

Human Rights Watch appelle une nouvelle fois les autorités marocaines à prendre davantage de mesures pour protéger les mineurs qui travaillent dans ces conditions, ainsi que des sanctions contre les employeurs qui commettent des abus et des exactions.

Le rapport prend certes acte des avancées et des progrès du Maroc dans la lutte contre le travail domestique des enfants:

«Selon les statistiques gouvernementales, le Maroc a considérablement réduit les taux globaux de travail des enfants et augmenté le nombre d'enfants scolarisés.»

Mais cela reste insuffisant.  

«Les filles sont exploitées, maltraitées et forcées de travailler de longues heures pour des salaires extrêmement bas», a déclaré Jo Becker, directrice de plaidoyer au sein de la division Droits des enfants à Human Rights Watch.

«Le Maroc a déjà pris des mesures importantes pour réduire le travail des enfants, mais il doit prendre des mesures ciblées pour protéger ceux et celles qui travaillent comme domestiques, et faire respecter la loi

Originaires des campagnes, les jeunes filles sont recrutées par des intermédiaires pour travailler dans les grandes villes. Avant d’être embauchée, Latifa L. pensait que ses employeurs seraient «très gentils». C’est en tout cas ce que lui avait dit l’intermédiaire.

 Au final, «elle a travaillé sans interruption à partir de 6 heures du matin jusqu'à minuit, sans jours de repos. Elle a affirmé que son employeur la battait souvent», lit-on dans le rapport.

«Travailler ne me dérange pas», a-t-elle assuré, «mais être battue et ne pas avoir assez de nourriture, c'est ça le plus dur

Lu sur Human Rights Watch

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