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Soudan: de la contestation au coup d'envoi de la transition

De la contestation, qui a mené à la chute du président Omar el-Béchir, à la signature prévue samedi d'un accord historique ouvrant une période de transition vers un pouvoir civil, rappel de huit mois de troubles au Soudan.

Au total, plus de 250 personnes ont été tuées dans la répression de la contestation, selon un comité de médecins proche des manifestants.

- Pain et liberté -

Le 19 décembre 2018, des centaines de Soudanais manifestent dans plusieurs villes après la décision gouvernementale de tripler le prix du pain dans un contexte de crise économique.

"Liberté, Liberté", "le peuple veut la chute du régime", scandent des manifestants dès le lendemain.

La contestation s'étend avec des rassemblements hebdomadaires principalement à Khartoum et Omdourman, la grande ville voisine, pour réclamer la démission du chef de l'Etat au pouvoir depuis 1989.

Le 6 avril 2019, des milliers de manifestants se rassemblent devant le QG de l'armée à Khartoum. Des protestataires y campent pendant six jours consécutifs pour réclamer le soutien de l'armée.

Le 11 avril, l'armée destitue et arrête Omar el-Béchir, remplacé par un "Conseil militaire de transition".

Malgré un couvre-feu d'un mois, des milliers de manifestants restent devant le QG de l'armée, rejetant un "coup d'Etat".

  

- Echec des négociations -

Le 20 mai, malgré des avancées, des négociations entre militaires et meneurs de la contestation s'achèvent brusquement sans accord sur la composition d'un Conseil souverain censé assurer la transition avant un transfert du pouvoir aux civils.

Les mouvements islamistes font bloc derrière l'armée, espérant préserver la charia (loi islamique) en vigueur depuis le coup d'Etat de 1989.

Une grève générale est observée les 28 et 29 mai.

Fin mai, le chef du Conseil militaire de transition, le général Abdel Fattah al-Burhane, se rend en Egypte, en Arabie saoudite et aux Emirats arabes unis, pays réputés hostiles aux soulèvements populaires régionaux.

- Répression sanglante -

Le 3 juin, le sit-in devant le QG de l'armée est dispersé par des hommes armés en tenue militaire. Cent vingt-sept personnes sont tuées, selon le comité de médecins proche de la contestation. Les paramilitaires des Forces de soutien rapide (RSF) sont accusés, tandis que le Conseil militaire ordonne l'ouverture d'une enquête.

L'armée déclare caducs les accords conclus avec les contestataires et appelle à des élections dans "neuf mois maximum". Les protestataires dénoncent un "putsch".

Du 9 au 11 juin, Khartoum est pratiquement paralysé par une campagne de désobéissance civile lancée par la contestation.

La médiation éthiopienne, lancée le 7 juin, déclare que le Conseil militaire et la contestation acceptent de reprendre les négociations.

Le 27, l'Alliance pour la liberté et le changement (ALC), fer de lance de la contestation, annonce avoir reçu un nouveau "projet d'accord" des médiateurs de l'Ethiopie et de l'Union africaine (UA). Les généraux se disent prêts à négocier.

Le 30 juin, des dizaines de milliers de Soudanais défilent dans le pays.

- Accord de transition -

Le 5 juillet, après deux jours de négociations, un accord est trouvé sur les grandes lignes de la future période de transition.

Une "déclaration politique", qui entérine le principe d'un partage du pouvoir, est signée le 17 juillet. Elle prévoit la création d'un "Conseil souverain" devant gérer la transition pendant un peu plus de trois ans.

Le 29 juillet, six manifestants dont quatre lycéens sont tués par balles lors d'un rassemblement à Al-Obeid (centre), entraînant la suspension des pourparlers avant l'arrestation de neuf paramilitaires des RSF. Les discussions reprennent le 1er août.

Le 4, les militaires et les meneurs de la contestation paraphent un accord prévoyant l'établissement du "Conseil souverain", constitué de six civils et de cinq militaires.

Le 15, un ex-économiste de l'ONU, Abdallah Hamdok, est désigné pour devenir Premier ministre du futur gouvernement de transition.

AFP

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