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Tunisie - Le doyen de faculté accusé de violence par une étudiante en niqab

Accusé d’avoir violentée une de ses étudiantes vêtues d’un niqab, le professeur tunisien Habib Kazdaghli, doyen de la Faculté des Lettres, des Arts et des Humanités de la Manouba comparaît pour la troisième fois devant le Tribunal de première instance de la Manouba, près de Tunis le 15 novembre.

Un scandale selon plusieurs associations et organisations qui se déplacent devant le tribunal à chaque comparution du professeur et doyen de la Faculté des Lettres, des Arts et des Humanités de la Manouba située dans la banlieue nord-ouest de la capitale tunisienne et théâtre d'affrontements entre étudiants salafistes et les autres.

Sur le site du magazine tunisien Kapitalis, on compare même son affaire à celle de la Tunisienne victime d’un viol et accusé d’outrage aux bonnes mœurs.

Le fait que la victime devienne coupable de son agression est, selon Kapitalis, «une instrumentalisation plus idéologique que politique de la justice qu'on n'aura même pas vue sous le régime déchu.»

Selon l’appel publié sur le site Mediapart et signé par de nombreuses organisations tunisiennes, l’accusation est «imaginaire». L’étudiante s’est introduite dans le bureau du doyen en compagnie d’une seconde étudiante:

«Elles ont éparpillé ses documents administratifs et l’ont agressé en proférant des propos orduriers à son adresse, ce qui l’a obligé à quitter son bureau et à déposer une plainte auprès des services de sécurité», lit-on dans l’appel.

Les signataires de cet appel «dénoncent les positions du pouvoir et particulièrement celles des ministères de l’Enseignement supérieur, de la Culture, de l’Intérieur qui semblent parfois confondre l’agresseur et l’agressé.»

Selon le site Kapitalis, les enjeux sont de taille car le doyen de l’université a interdit le port du niqab «au nom de la règle de la communication pédagogique». Il a essayé «de rendre une visibilité à ces silhouettes fantomatiques», poursuit Kapitalis.

Le magazine laisse entendre que défendre le doyen, c’est lutter contre l’obscurantisme «dont l'enjeu est l'enfermement de la femme à propos duquel toute insurrection d'un esprit libre est un péché, une hérésie.»

Lu sur Kapitalis, Mediapart

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