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Jean-Marie Le Pen a-t-il vraiment torturé en Algérie?

C’est l’une des questions que pose le livre de Pierre Péan et Philippe Cohen, coauteurs du très attendu Le Pen, une histoire française, paru ce 15 novembre aux éditions Robert Lafont.

Récurrente, l’accusation de tortionnaire durant la guerre d’Algérie à l’égard du président d’honneur du Front National Jean-Marie Le Pen trouve ses racines le 12 février 1985, lorsque le quotidien Libération publie un numéro spécial intitulé «Torturés par Le Pen. Cinq témoignages accablants pour un homme politique qui a toujours nié les faits» raconte Le Point dans son numéro du 15 novembre.

Les deux auteurs de Le Pen, une histoire française, ont cherché à comprendre pourquoi cette question de la torture réapparaissait régulièrement autour du personnage.

«Pour la presse et les intellectuels de gauche, cela ne fait aucun doute» expliquent-ils.

D’autant que Jean-Marie Le Pen se serait lui-même vanté dès 1962 d’avoir été tortionnaire:

«Je n’ai rien à cacher, j’ai torturé parce qu’il fallait le faire. Quand on amène quelqu’un qui vient de poser de poser vingt bombes qui peuvent citer d’un moment à l’autre et qu’il ne veut pas parler, il faut employer des moyens exceptionnels pour l’y contraindre».

Ce discours, qu’il aurait prononcé dans une réunion publique, avait alors été repris par le journal Combat, catalogué très à gauche dans les années 60.

Selon les auteurs, il semblerait plutôt que chacun ait fantasmé le rôle de Le Pen durant la guerre d’Algérie, tel que les différentes «procédures relatives à son comportement durant la guerre», qui n’ont jamais été concluantes, le montrent. Au contraire, le créateur du FN a savamment joué avec la réalité de l’histoire.

«Jean-Marie Le Pen a menti à de nombreuses reprises, en déclarant non qu’il n’avait pas torturé, mais en prétendant ou en insinuant l’avoir fait», révèle le livre.

Jean-Marie Le Pen n’aurait donc jamais pratiqué la torture en Algérie, comme l’affirme à son tour le site Algérie-Focus, qui reprend la conclusion de Pierre Péan et Philippe Cohen qui expliquent: 

«Si Le Pen a sans doute brutalisé des Algériens, il n’a pas pratiqué la torture institutionnelle telle qu’elle a été employée pendant le conflit. Pour les deux auteurs, il est impossible d’infirmer ou d’affirmer que le président du FN a pratiqué des actes de torture en Algérie».

Lu sur Le Point, Algérie-Focus

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