SlateAfrique

mis à jour le

Ce festival marocain qui tend la main aux femmes du Nord-Mali

«Si les islamistes sont parvenus à “faire taire notre musique” celle-ci a déjà franchi les frontières», a déclaré l'artiste touareg Fadimata Oualett Oumar selon le site Au Fait Maroc.

Dans une bourgade du sud-est du Maroc, M’Hamid El Ghizlane, le festival de Taragalte a réuni du 9 au 11 novembre des artistes venus du Maroc et du Nord-Mali, pour honorer ensemble la ville de Tombouctou et les femmes du désert autour de la musique, résume Yabiladi.

Comme de nombreux artistes nord-maliens, Fadimata Oualett Oumar, qui est venue se produire à Taragalte, a subi de plein fouet la prise de pouvoir par les groupes islamistes et l’application stricte de la charia.

«Nous sommes sincèrement fières d'être ici. (...) Mais cela me rend un peu triste aussi car j'ai la nostalgie de mon village, de ma famille, et de ma vie» a-t-elle déclaré à l’AFP.

Depuis que les groupes islamistes radicaux contrôlent le Nord-Mali, sa troupe artistique est éclatée entre le Burkina Faso et la Mauritanie. 

«Chanter est un droit universel. Pour les Touaregs comme nous, c'est même une thérapie. Le soir, nous nous rassemblons et nous chantons. Il n'y a rien d'autre» a continué l’artiste.

Pour Oum El Ghait, chanteuse de soul marocaine, «c'est une opportunité pour nous d'exprimer notre soutien à leur égard, notre soutien à la liberté artistique».

«Ce message est d'autant plus fort, qu'il s'exprime par la voix des femmes».

Le festival, qui se veut un lieu de rassemblement et d’échange des cultures du Sahara, a rassemblé quelques 300 personnes entre les dunes de sable, venues manifester leur soutien aux populations maliennes. Le Maroc et le Mali sont d’ailleurs des pays «frères» selon le site Yabiladi, qui reprend l’expression de Rabat prononcée à l’occasion des destructions de mausolées à Tombouctou.

Lu sur Au Fait Maroc, Yabiladi, Le Nouvel Obserateur

A lire aussi

Les Marocains sont-ils racistes?

Tribune: Algérie-Maroc, une identité tatouée, malgré les frontières

L'impossible réconciliation du Mali

Ansar Dine veut devenir fréquentable