SlateAfrique

mis à jour le

Sénégal: les proches de l'ex-président en "résistance" face au nouveau régime


L'ex-président sénégalais Abdoulaye Wade, le 25 mai 2012 à Dakar AFP/Archives Seyllou

Les proches de l'ex-président sénégalais Abdoulaye Wade se sont déclarés "en position de résistance à l'oppression" du nouveau régime de Macky Sall et ne répondront plus aux convocations de la Cour de répression de l'enrichissement illicite, ont-ils annoncé mercredi.

Face "à la chasse aux sorcières" dont ils se disent victimes de la part du régime de Macky Sall, le parti de M. Wade, le Parti démocratique sénégalais et ses responsables, "considèrent être en situation d'adopter la position de résistance à l'oppression", indique un communiqué signé d'Ousmane Ngom, porte-parole d'Abdoulaye Wade, reçu par l'AFP.

Ils décident en conséquence "de ne plus répondre aux convocations émanant de cette juridiction politique exceptionnelle sur-mesure" qu'est selon eux la Cour de répression de l'enrichissement illicite et affirment qu'ils vont "organiser des marches et des manifestations pacifiques" en invitant tous "les démocrates épris de justice" à y participer.

Cette décision intervient à la veille de la convocation, jeudi, par la gendarmerie à Dakar, de Karim Wade, fils de l'ancien président, et de six autres anciens responsables de son régime - dont quatre ex-ministres - à la demande de la Cour de répression de l'enrichissement illicite.

Cette cour, créée en 1981 par l'ancien président socialiste Abdou Diouf (1980-2000), en sommeil depuis des années, a été réactivée après l'élection en mars de Macky Sall qui a battu Abdoulaye Wade, au pouvoir depuis douze ans.

Dans son communiqué, Ousmane Ngom, ancien ministre de l'Intérieur d'Abdoulaye Wade et qui a lui-même été entendu par les enquêteurs, affirme que le président Sall "a remis cette juridiction au goût du jour de façon sélective, donc arbitraire".

Karim Wade avait déjà été convoqué à deux reprises en juillet par la gendarmerie qui enquête sur un possible enrichissement illicite.

Son ancien ministère de la Coopération internationale, des Transports aériens, des Infrastructures et de l'Energie, doté de gros budgets, lui avait valu d'être surnommé "super ministre" ou "ministre du ciel et de la terre".

Ancien conseiller de son père, Karim Wade a également occupé plusieurs fonctions dont celle de responsable de l'Agence nationale de l'Organisation de la conférence islamique, chargée de grands travaux avant le sommet de l'OCI organisé en mars 2008 à Dakar.

La presse locale a évoqué d'importantes sommes d'argent qui auraient été placées à l'étranger par d'ex-dignitaires du régime Wade.

Oumane Ngom accuse "les enragés" du cabinet de Macky Sall de lui conseiller "purement et simplement, de se débarrasser de Karim, car il serait un dangereux concurrent en 2017", année de la prochaine présidentielle au Sénégal.

M. Ngom ajoute par ailleurs qu'Abdoulaye Wade, qui se trouve à l'étranger depuis plusieurs mois et avait prévu de revenir à Dakar vendredi pour soutenir son fils, a décidé de "différer" son voyage, à la demande du président ivoirien Alassane Ouattara qui mène une mission de "bons offices" entre MM. Wade et Sall.

Les trois hommes appartiennent à la famille libérale et M. Ouattara entretient de bonnes relations tant avec Abdoulaye Wade qu'avec Macky Sall.