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Le Kenya ne protège plus ses policiers

La polémique ne cesse d’enfler au Kenya, depuis que 42 policiers ont été abattus dans une embuscade le 10 novembre à Samburu, près de Mombasa au sud-est du pays.

Selon le site kényan de la radio Capital FM, «les policiers poursuivaient des voleurs de bétail dans la vallée de la Suguta et ont été pris en embuscade puis tués sans discernement par des miliciens lourdement armés».

Cet évènement a suscité depuis une vive émotion et une grande incompréhension relayées par les médias kényans. Le quotidien de Nairobi Daily Nation a d’ailleurs posé la question le 12 novembre.

«Quelque chose ne colle pas: pourquoi nos policiers ont été tués comme des poulets

En ligne de mire, la hiérarchie policière et les institutions kényanes, responsables selon le Daily Nation de laisser pourrir une situation inexplicable. «Les patrons au siège de la police doivent se remuer les fesses» a ainsi exhorté le quotidien kényan, rappelant que des officiers de police ont récemment protesté contre les conditions de leur travail et pour leurs salaires.

Pour le quotidien, il est aujourd’hui nécessaire que le gouvernement prenne les choses en main et organise «une réforme sérieuse de la police».

Allant encore plus loin, Capital FM s’est fait le relais d’Amnesty International, dont le responsable national kényan Justus Nyang’aya a dénoncé la circulation massive d’armes de guerre au Kénya.

«Que des policiers puissent être assassinés d'une manière aussi insensible est une chose qui met mal à l'aise: c'est un très mauvais signal alors que nous nous dirigeons vers des élections» 

Selon l’ONG, il y aurait aujourd’hui un million d’armes illégales circulant au Kenya. Son représentant national a en outre accusé le gouvernement d’avoir sous-équipé la police kényane.

Le vice-Premier ministre Uhuru Kenyatta a quant à lui demandé au gouvernement d’engager un désarmement général sur le sol kényan afin de mettre un terme à l’escalade de la violence qui secoue le pays.

Lu sur Capital FM, Daylination

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