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Les juifs de Tunisie ont peur pour leur sécurité

La communauté juive de Tunisie est-elle menacée? La question se pose dans un pays où les violences liées aux salafistes augmentent.

Le 1er novembre dernier, quatre Libyens et un policier tunisien ont été arrêtés à Zarzis au sud est du pays car les autorités tunisiennes les soupçonnaient de vouloir organiser l’enlèvement d’un ou de plusieurs juifs issus de familles aisées, dans le but d’obtenir une rançon, a indiqué le porte-parole du ministère de l’Intérieur.  

En mars dernier, des salafistes tunisiens avaient organisé plusieurs manifestations ponctuées de slogans antisémites.

Le représentant de la communauté juive Perez Trabelsi est persuadé que ces attaques ont pour objectif de «semer la panique et la peur dans le cœur des Juifs tunisiens pour les amener à quitter le pays».

«Après l'implication d'un policier dans cette affaire, nous voulons que notre protection soit aussi assurée par l'armée», a précisé Perez Trabelsi, ajoutant que la communauté juive a «une grande confiance en l'armée», selon l'AFP.

La communauté juive en Tunisie s'est réduite à 1.500 personnes, contre 100.000 en 1956 avant l'indépendance de la Tunisie.

Mais, comme le souligne le site d’information Magharebia, «les citoyens juifs de Tunisie se disent déterminés à rester dans leur pays en dépit de l'augmentation des préoccupations de type sécuritaire.»

«Il s'agit de notre pays et nous ne le quitterons pas ; nous avons le droit d'y vivre comme tous les Tunisiens», a déclaré Perez Trabelsi.

Comme le président tunisien Moncef Marzouki dans une récente interview, le représentant de la communauté juive a mis en garde contre le fait que de telles actions «étaient susceptibles de nuire à l'image de la Tunisie à l'étranger».

Du côté des autorités tunisiennes, on privilégie un message de fermeté,et ce, pour contrer les accusations de laxisme à l’égard des groupes extrémistes.

Le ministre de l’Intérieur Ali Larayedh a maintes fois répété qu’il appliquait la loi.  

«Il n'y a aucune ambiguïté dans la politique conduite par le gouvernement, et ce dernier mène actuellement des campagnes de sécurité contre toutes les violations faites à la loi», a affirmé le ministre.

Yamina Thabet, présidente de l'Association tunisienne de soutien aux minorités réclame que la protection des minorités soit inscrite dans la Constitution.

«Nous ne pourrons jamais garder le silence face à ce phénomène», a-t-elle ajouté.

Lu sur Magharebia

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