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USA et Royaume-Uni critiquent la justice tanzanienne après l'inculpation d'un journaliste

Les ambassades américaine et britannique en Tanzanie ont dénoncé vendredi la "dégradation" du système judiciaire tanzanien, après la modification des charges retenues contre un journaliste d'investigation arrêté fin juillet.

Les deux ambassades "sont profondément inquiètes de la dégradation des procédures judiciaires en Tanzanie, caractérisée par le recours à de longues détentions préventives et à la modification des charges", ont-elles indiqué dans un communiqué commun.

"Nous sommes particulièrement préoccupées par un cas récent: les irrégularités dans l'arrestation, la détention et l'inculpation du journaliste d'investigation Erick Kabendera, dont le fait qu'on lui a refusé l'accès à un avocat durant les premiers moments de sa détention, en violation du Code de procédure pénale", ont-elles précisé.

Journaliste indépendant réputé, M. Kabendera travaille pour des médias nationaux et étrangers. Il a publié plusieurs analyses critiques sur la vie économique et politique dans la Tanzanie du président John Magufuli.

Son arrestation le 29 juillet a suscité l'indignation en Tanzanie, où le hashtag #FreeErickKabendera a très vite reçu un fort écho sur Twitter. Plusieurs ONG internationales ont appelé à sa libération, dénonçant la répression croissante dont font l'objet les journalistes et ceux considérés comme des critiques du gouvernement et du président John Magufuli.

M. Kabendera a été inculpé le 5 août de crimes économiques, à savoir crime organisé pour acquérir de l'argent, évasion fiscale et blanchiment d'argent.

Dans un premier temps, la police tanzanienne avait expliqué l'avoir arrêté au motif qu'il aurait frauduleusement acquis la nationalité tanzanienne, avant de renoncer à cette accusation et de la remplacer par des accusations de publication d'informations "fausses et séditieuses", des charges qui ont elles aussi été ensuite abandonnées.

"Nous exhortons le gouvernement tanzanien à garantir une procédure équitable à chacun de ses citoyens, ce qu'il a reconnu comme un droit humain fondamental en tant que signataire de plusieurs conventions de l'ONU pour les droits de l'Homme", ont conclu les deux ambassades.

Depuis l'élection de M. Magufuli fin 2015, des meetings de partis d'opposition ont été interdits, des responsables de l'opposition arrêtés et poursuivis, des journaux fermés et des journalistes et artistes molestés ou menacés de mort, après avoir critiqué le gouvernement.

La Tanzanie était au 75e rang mondial du classement de la liberté de la presse de Reporters sans frontières en 2015. En 2019, elle n'est plus que 118e.

AFP

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