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Manifestations post-électorales violentes au Malawi

Des dizaines de milliers de personnes ont participé mardi au Malawi à de nouvelles manifestations contre les résultats des élections de mai dernier qui ont tourné à l'émeute à Lilongwe, la capitale, où l'armée a dû être déployée, ont déclaré des témoins. 

Les manifestations, organisées à intervalles réguliers depuis les élections contestées du 21 mai, ont pour but d'obliger la présidente de la Commission électorale Jane Ansah à démissionner en raison de sa gestion controversée du scrutin.

Les défilés de mardi, dits de la "marche du million" par les organisateurs, la Coalition des défenseurs des droits de l'homme, visaient à attirer au total un million de manifestants dans les trois principales villes du pays, Mzuzu, Lilongwe et Blantyre. 

Un journaliste de Lilongwe, Golden Matonga, a estimé la foule à des centaines de milliers de personnes dans les rues de la capitale. 

Des dizaines de milliers d'autres manifestants ont défilé à Blantyre et Mzuzu, dont plus de 20.000 à Blantyre, la métropole économique, et un peu moins dans la troisième ville du pays, Mzuzu.

Les marches de Blantyre et Mzuzu ont été généralement pacifiques mais à Lilongwe des violences ont éclaté et le calme n'est revenu qu'avec le déploiement de l'armée.

Des habitants ont dit avoir vu des voitures incendiées et des magasins pillés toute la journée.

"Outre un véhicule de police, j'ai vu au moins deux autres véhicules du gouvernement incendiés et des boutiques littéralement saccagées sur le chemin des manifestations", a déclaré Patrick Banda, un habitant de Lilongwe, à l'AFP.

Les manifestations ont tourné à l'émeute après que la police eut tiré des gaz lacrymogènes pour tenter de disperser la foule qui a riposté en mettant le feu au véhicule blindé de la police. 

Les protestations ont eu lieu un jour après qu'un tribunal eut rejeté la requête du procureur général du pays qui cherchait à interdire les manifestations.

Le Malawi, petit pays d'Afrique australe, traverse une crise politique depuis la réélection du président Peter Mutharika, au pouvoir depuis 2014.

Le chef de l'Etat sortant a obtenu 38,57% des suffrages, devant son principal adversaire Lazarus Chakwera (35,41% des voix) et son ancien vice-président Saulos Chilima (20,24%).

L'opposition dénonce depuis des fraudes lors du dépouillement, dont l'existence d'un nombre anormalement élevé de bulletins de vote recouverts de correcteur blanc.

Les perdants ont saisi la justice pour réclamer une annulation de la présidentielle.

Les manifestations organisées par l'opposition et la société civile ont été dispersées à plusieurs reprises par les forces de l'ordre à coups de gaz lacrymogènes.

AFP

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