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Marzouki: «Nous avons tous commis l’erreur de sous-estimer le danger salafiste»

Les salafistes font parler d’eux dans les rues de Tunisie et de l'autre côté de la Méditterannée.

Il y a plus d’une semaine, un groupe d’individus dit salafistes affrontaient les hommes de la garde républicaine dans la banlieue de Tunis. 

Dans un entretien au quotidien algérien Liberté, le président tunisien Moncef Marzouki confie les obstacles et l’impuissance des hommes politiques face aux défis que doit relever la Tunisie post-Ben Ali :

«Le pouvoir n’est pas du tout ce qu’on croit. C’est une école de frustration et de patience. C’est une véritable douche froide, car il va falloir développer d’autres compétences, la résistance à la frustration et la patience(…)On voit que les ressources humaines et les autres ressources ne suffisent pas pour réaliser les objectifs. On se rend compte que le travail n’est pas facile. Il faut garder l’espoir et continuer le travail sans relâchement. »

L’un des défis évoqués dans l’interview est de répondre à la donne salafiste qui constitue selon Marzouki un danger trop longtemps sous-estimé.

«On a été surpris par son importance. La nature a horreur du vide, et cette force-là a profité de la situation pour occuper le terrain. Les salafistes ont joué sur la misère du peuple durant le règne de la dictature de Ben Ali pour tisser leurs réseaux. Ils se sont nourris de la répression de Ben Ali et de la conjoncture internationale pour s’imposer. Il reste que la Tunisie est un pays stable, qui a des reins solides, que sont l’armée républicaine, ainsi que la police républicaine(…)Ces gens-là ne peuvent pas mettre en danger le mode de vie de la Tunisie.»

Marzouki regrette également le traitement de la presse internationale qu’il dit à l’affût d’incidents liés aux salafistes.

Mais au final, Marzouki tient à rappeller que la police et l’armée républicaine seront toujours là pour résister aux salafistes et à tout groupe voulant changer la vie des Tunisiens ou menacer la reprise de l’activité touristique.

Concernant le tourisme, le président est plutôt optimiste. Il affirme que l’activité est à 80% de ce qu’elle était en 2010. Les touristes reviennent sur les plages de Djerba, mais le président sait très bien que l’occupation d’une université par des salafistes ou même des affrontements dans la capitale entachent l’image du pays et refroidissent quelque peu les touristes .

Lu sur Liberté

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