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Michelle Obama lors d'un discours à Miami (Floride), 1er novembre 2012.  © REUTERS/Bob Sullivan
Michelle Obama lors d'un discours à Miami (Floride), 1er novembre 2012. © REUTERS/Bob Sullivan

Le possible destin de présidente de Michelle Obama

L’Amérique sait qu’elle peut élire et réélire un président noir, il lui manque de savoir qu’elle peut élire une femme.

Après une élection historique en 2008, une réélection épique en 2012. Quatre ans encore: de quoi peut-il rêver de plus?

De voir, soyons fous, cette femme dont il s’est dit plus amoureux que jamais, accéder à la Maison Blanche dans quelques années.

Pour Barack Obama, en tout cas, cela ne fait l’ombre d’aucun doute, Michelle le peut, mais elle ne le veut pas («politics is not her thing»).

Jodi Kantor, qui a écrit un livre sur les Obama, a déclaré que cela n'arriverait jamais. Madame Kantor était si sûre de son fait qu’elle a assuré que si Michelle venait à aspirer pour la Maison Blanche, elle mangerait son livre.

Cela dit, pour replacer les choses dans leur contexte, les affirmations de Barack et les assurances de Jodi Kantor interviennent avant la réélection. Il était hors de propos de mettre les époux en concurrence.

Déjà, dans les sondages, comme le relevait une dépêche de l’AFP, la cote de popularité de Michelle Robinson (du nom de l’épouse Obama) dépassait «de 13 points celle de Barack Obama, avec 69% d'opinions favorables, selon un sondage Washington Post-ABC réalisé du 4 au 7 octobre».

Une popularité au zénith

Dès lors qu’il a été réélu, Barack Obama ignorera-t-il pendant longtemps la popularité de son épouse, qui est du reste une figure majeure du Parti démocrate, depuis plusieurs années? Fermera-t-il la porte de la Maison Blanche après lui?

Rien n’est moins sûr. Et si la vie à la Maison Blanche était une chose aussi détestable que ça, Barack Obama ne se serait tout simplement pas représenté. Les Américains trouvent Michelle glamour, intelligente, tout ce qu’a pu apparaître Hillary Clinton et plus encore.

Plus qu’un atout charme, elle a été un véritable joker. Elle a écrit elle-même le fameux discours (mais les spécialistes ne sont jamais bien loin quand on prête aux personnalités publiques la paternité de leurs productions) de la première nuit de la convention nationale du Parti démocrate, elle a jeté ses oripeaux domestiques de First Lady et de mère modèle pour émerger comme une figure politique de premier plan.

Ce soir-là, le prompteur ne semblait là que pour la rassurer de son excellente mémorisation. Plus que d’un discours, elle a été l’auteure d’une performance spectaculaire.

La «maman-en-chef» a, à plusieurs reprises, affirmé n’avoir pas d’ambitions politiques, mais à 48 ans, elle est suffisamment jeune pour se dédire. On pourrait parfaitement l’entendre dire prochainement au sujet de sa non-ambition politique: «Ça, c’était avant», comme disait Ronald Reagan, auquel elle a souvent emprunté sa rhétorique:

«Never forget that doing the impossible is the history of this nation.» (Impossible n'est pas américain).

Un meilleur espoir que Hillary

Il y a, en effet, un avant et un après 6 novembre 2012. Et derrière un grand président peut se cacher une future présidente.

Par ailleurs, il n’existe d’amour que partagé, les passions à sens unique ont toujours quelque chose d’obsessionnel, de pathologique, Michelle et Barack se sont servis de leur amour.

Aux épanchements de Michelle «I love my husband even more than I did four years ago», à la gloire de son illustre époux, a répondu la chaude déclaration de son époux qui a dit n’avoir jamais été aussi amoureux d’elle que mardi, le soir de sa réélection.

Michelle représente un meilleur espoir qu’Hillary pour ceux qui attendent de voir une femme à la tête de la superpuissance américaine.

Le tour viendra pour Barack Obama de se ranger derrière son amoureuse et de lui renvoyer l’ascenseur, s’il lui doit tout comme il l’a prétendu, c’est qu’il devra bien lui rendre tout ce qu’il a reçu, notamment un soutien sans faille (pour quoi faire?). Questions de pure logique!

Eric Essono Tsimi

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Eric Essono Tsimi

Eric Essono Tsimi est un dramaturge camerounais. Il est l'auteur de l'ouvrage Le jeu de la Vengeance (éd.Sopecam, 2004), et publie régulièrement des tribunes dans les quotidiens Mutations et Le Messager au Cameroun.

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