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Barack Obama et ses proches célébrant la victoire, 7 novembre 2012, Chicago. © JEWEL SAMAD / AFP
Barack Obama et ses proches célébrant la victoire, 7 novembre 2012, Chicago. © JEWEL SAMAD / AFP

Comment le camp d'Obama a fêté la victoire

Le monde entier avait les yeux rivés sur le QG de campagne de Barack Obama, à Chicago, où très tôt lors de la soirée électorale, l'on avait commencé à célébrer la réélection du candidat démocrate. Reportage au McCormick Place.

«Je suis vraiment heureuse ce soir. Je ne suis pas prête de partir. C’est un moment merveilleux. Nous allons faire la fête maintenant.»

Comme toutes les personnes réunies au quartier général de Barack Obama, Carla, 50 ans, laisse exploser sa joie.

Pour elle, c’est une vraie récompense:  

«Je suis une volontaire dans la campagne d'Obama et j’étais confiante pour la victoire ce soir. Je m’attendais à la victoire d’Obama. Maintenant je vais l’attendre pour l’écouter.»

Nous sommes plusieurs milliers dans cette situation. Il est 23h ici à Chicago et la victoire d’Obama a été annoncée depuis une demi-heure.

Pour cette nuit électorale qui s’annonçait historique, c’est dans une enceinte gigantesque le McCormick Place, que le camp d’Obama s'est installé.

Allo la Terre, ici Mc Cormick Place

Le monde entier s’est donné rendez-vous dans ce centre de congrès situé au bord du lac Michigan a Chicago. Une concentration de médias et de regards de toute la planète qui se matérialise par une forêt d’antennes paraboliques géantes qui donnent au parking du McCormick Place un air de centre spatial.

A la différence d’il y a 4 ans, où Obama avait tenu un discours dans un parc pouvant accueillir plus de 200.000 personnes, cette fois–ci l’espace est clos.

Pour pénétrer le sanctuaire, il faut traverser plusieurs filtres de sécurité. Les journalistes accrédités sont soumis à une fouille rigoureuse et leur matériel est examiné de près par les gardes qui exigent même d’allumer tous les ordinateurs portables.

Le public a commencé à affluer à partir de 19h30. Les journalistes les ont précédés de plusieurs heures. Un certain désappointement se fait sentir: le réseau Internet sans fil ne fonctionne pas pour la plupart d’entre nous. Il faudra attendre plusieurs heures avant d’avoir un accès parfois intermittent.

L’ambiance est plutôt calme parmi la plupart des reporters qui affutent encore leurs armes. Seules les télés s’affairent pour un suivi non-stop avant même la fermeture des premiers bureaux de vote.

Les images qui abreuvent le monde 

A l’intérieur de McCormick Place, les installations réparties sur deux niveaux sont rudimentaires. De vastes rangées de tables accueillent plusieurs milliers de journalistes. Tout le monde n’est pas logé a la même enseigne. Les grandes télés américaines et mondiales trônent sur l’estrade surélevée. Avec une vue imprenable sur la scène.

Ce sont leurs images qui vont abreuver le monde entier et qui sont retransmises sur la multitude d’écrans à l’attention des médias et du public. Ces derniers sont tenus à distance l’un de l’autre par des barrières infranchissables. Sécurité oblige, une frontière délimite rigoureusement les espaces dédiés.

Barack Obama est attendu au centre, face a son public qui se tient debout dans un espace retreint pouvant contenir quelques centaines de personnes. Des gradins forment une ceinture qui passe jusque derrière la scène.

Les journalistes sont arrivés très tôt sur place en ce jour d’élection et la soirée s’annonce palpitante. Tous les observateurs prédisent une élection serrée

Mais la bataille tant redoutée s’est jouée très rapidement.

Le jeu subtil des estimations de résultats de vote en cours de dépouillement doublé de la carte électorale des Etats clés très disputés permettent aux grandes chaînes de télé américaines comme CNN, CBS ou Fox News de proposer des projections audacieuses.

Elles portent au final sur le nombre de grands électeurs obtenus par chacun des candidats. Le premier qui passe la barre fatidique des 270 gagne la partie.

La fièvre des chiffres donne le tournis

Au jeu des projections, les chaînes rivalisent les unes avec les autres. Avec l’avancée de la nuit et la fermeture des derniers bureaux de vote sur la côte Ouest, l’atmosphère s’électrise.

Dans l’enceinte, les clameurs de la foule qui a rempli les lieux vont au rythme des chiffres affichés sur les écrans géants multiplex. Chacun a les yeux rivés dessus. Et chaque victoire potentielle d’Obama dans un Etat est accompagnée de cris de joie.

La fièvre monte. Les chiffres donnent le tournis.

Vers 21h30, CBS affiche Obama 157 grands électeurs et Romney 173, mais CNN le donne à 147 contre 158, MSNBC 162/162, Fox 157/162.

Le rythme s’accélère. Obama vient d’empocher les 55 grands électeurs de Californie, l’Etat le plus peuplé qui fournit un dixième du total des électeurs.

La bataille des swing states tourne à l’avantage d’Obama. Lorsque l’Iowa et ses 6 représentants sont annonces pour le démocrate, McCormick Place s’enflamme.

Game over

Après 22h, Obama accroît son avance. CNN le crédite de 238 grands électeurs contre 191 pour Romney. Mais les chiffres divergent toujours selon les chaînes: Obama 243/ Romney 203 pour NBC, 243/203 pour FOX.

Tout se poursuit très vite: une chaîne annonce l’élection d’Obama vers 22h30. Qui a dégainé le premier, difficile de le dire mais toutes reprennent le verdict.

Instantanément l’ambiance devient survoltée.

Près de nous, les services presse de la Maison Blanche montent sur les tables et dansent. Tout le monde se laisse emporter par la ferveur populaire et un tube d’Aretha Franklin qui embrase McCormick Place.

La musique prend le dessus. Les chiffres vont continuer a défiler, mais les jeux sont faits. Commence une longue attente pour la venue d’Obama. Peu importe le temps que cela prendra, place à la liesse. Pour quatre ans de plus.

Philippe Randrianarimanana, à Chicago, Illinois

 

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Philippe Randrianarimanana

Philippe Randrianarimanana est Franco-malgache, il est spécialiste de Madagascar et la Russie.

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