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Action contre la faim "demande la libération" de ses six employés enlevés au Nigeria

L'ONG Action contre la faim a demandé jeudi la libération de six de ses employés, dont une femme, enlevés il y a une semaine au Nigeria par un groupe jihadiste qui a diffusé une vidéo des otages.

Le groupe nigérian de l'Etat islamique en Afrique de l'Ouest (Iswap), branche de Boko Haram affiliée à l'organisation Etat islamique (EI), a diffusé jeudi une vidéo dans laquelle une femme vêtue d'un hijab bleu clair affirme en anglais qu'elle est membre de l'ONG française et qu'elle a été enlevée avec ses cinq collègues, assis derrière elle sur la vidéo.

"Ce sont des travailleurs humanitaires et de santé qui ont choisi de consacrer leur vie à accompagner les communautés les plus vulnérables du Nigeria et ne sont animés que par des principes de solidarité, d'humanité et de neutralité", affirme ACF dans un communiqué.

L'ONG "demande la libération de sa salariée et de ses compagnons", qui travaillaient comme contractuels pour l'ONG, des chauffeurs et agents de santé d'un programme humanitaire piloté par ACF dans la région de Damasak, dans l'Etat de Borno. 

Dans un communiqué publié vendredi après l'attaque du convoi dans lequel se trouvaient les employés, ACF expliquait qu'un des chauffeurs avait été tué. "Une salariée d'Action contre la faim, deux chauffeurs et trois personnels de santé sont portés disparus".

Selon des témoignages locaux, les six personnes avaient été vues transportées par leurs ravisseurs vers le nord-est du pays, aux alentours du lac Tchad, repaire usuel de l'Iswap.

Cet "enlèvement est contraire au Droit international humanitaire et à toutes les règles de protections des travailleurs et des organisations humanitaires", écrit jeudi ACF.

Dans une vidéo authentifiée par l'AFP, l'employée d'ACF demande à son employeur ainsi qu'aux autorités nigérianes, qui n'ont pas réagi dans l'immédiat, d'aider à leur libération. Les otages sont assis au sol sur des nattes et affirment ne pas savoir où ils se trouvent. 

Les six employés d'ACF ont été enlevés jeudi soir en revenant sur leur base à Damasak, à la frontière entre les Etats de Yobe et du Borno.

Le convoi de trois véhicules rentrait d'un village voisin où ACF dirige une clinique, lorsque des hommes armés ont ouvert le feu, a expliqué à l'AFP une source humanitaire qui travaille dans cette région. 

- Grave crise humanitaire -

En mars 2018, trois humanitaires nigérianes ont été enlevées lors d'une attaque visant la ville de Rann, dans l'extrême nord-est du pays, au cours de laquelle trois autres travailleurs humanitaires et huit soldats nigérians avaient été tués.

Deux d'entre elles, Hauwa Liman et Saifura Khorsa, travaillaient pour le CICR et ont été exécutées quelques mois plus tard. La troisième, Alice Loksha, travaillait pour l'Unicef et serait toujours entre les mains du groupe, avec une autre otage, Leah Sharibu, une jeune fille de 15 ans, enlevée à Dapchi en février 2018. 

Leah Sharibu était la seule chrétienne enlevée aux côtés d'une centaine d'autres de ses camarades, dans un kidnapping de masse, qui rappelait l'enlèvement de Chibok de 2014, lors duquel plus de 200 adolescentes avaient été saisies par le groupe et qui avait ému le monde entier. 

Les étudiantes de Dapchi avaient toutes été libérées un mois après leur enlèvement, sur la promesse de ne plus se rendre à "l'école occidentale", mais Leah Sharibu, qui avait refusé de se convertir à l'islam, est restée otage du groupe. 

Le conflit avec Boko Haram a fait plus de 27.000 morts et 2 millions de déplacés depuis dix ans dans le nord-est du Nigeria, où interviennent de nombreuses ONG qui tentent d'enrayer une grave crise humanitaire.

Le Conseil Norvégien pour les Réfugiés (NRC) estime que 7,1 millions de personnes dépendent de l'aide humanitaire pour leur survie dans cette région dévastée par dix ans de conflit. 

En juillet 2009, les forces de l'ordre avaient assassiné Mohamed Yusuf, fondateur de Boko Haram, une secte islamique radicale, entraînant une escalade des violences. Le mouvement a ensuite été récupéré par divers groupes jihadites, dont Al-Qaïda et l'EI. 

AFP

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