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Nigeria: manifestation de la minorité chiite dispersée

Les membres du Mouvement islamique du Nigeria (IMN), une organisation chiite radicale, n'ont pu se rassembler mardi pour manifester, étant aussitôt dispersés par les forces de l'ordre, déployées en masse, au lendemain de heurts qui ont fait au moins 8 morts lundi. 

Des groupes épars de dizaines de manifestants ont tenté de se regrouper dans le quartier de Wusa 2, dans le centre d'Abuja, la capitale fédérale, mais une cinquantaine de soldats et policiers ont bloqué les accès, fait usage de gaz lacrymogène et ont tiré des coups de sommation en l'air, a constaté un journaliste de l'AFP. 

Mohamed Sodje, un membre du groupe qui était présent sur les lieux, a rapporté à l'AFP que plusieurs personnes avaient également été blessées, mais aucune déclaration n'a été faite pour l'instant par les porte-parole du groupe. 

La tension est très importante à Abuja, où l'IMN organise des manifestations quasi quotidiennes pour demander la libération de leur leader Ibrahim Zakzaky, incarcéré depuis décembre 2015. 

Lundi, au moins huit personnes ont été tuées, dont un journaliste, un policier et six membres de l'IMN, dont les corps ont été enterrés mardi après-midi. 

L'organisation chiite affirme toutefois que le bilan s'élève à 11 morts et que la police a enlevé les corps dans ses véhicules. 

Mardi, le président Muhammadu Buhari a présenté ses condoléances aux familles du policier et du jeune journaliste tué, sans mentionner une seule fois la mort de manifestants chiites. 

Il n'existe aucun bilan officiel portant sur les morts er blessés. 

Le week-end dernier, la présidence nigériane a appelé les membres de l'IMN à attendre la prochaine comparution de leur chef devant la justice, le 29 juillet, bien qu'un juge ait déjà ordonné sa libération et que le jugement n'ait jamais été appliqué. 

L'ONG Amnesty International a appelé "les autorités à ne plus réprimer les manifestations chiites dans le sang". 

Le 11 juillet, au moins deux personnes avaient été tuées, quelques jours après une sortie du fils du chef de l'IMN, accusant le gouvernement d'organiser "l'assassinat" d'Ibrahim Zakzaky, dont l'état de santé s'est fortement dégradé. 

Fin octobre, des partisans de l'IMN avaient manifesté en masse à Abuja et la répression de la manifestation par les forces de sécurité avait fait 47 morts, selon l'IMN et les observateurs, et six selon les chiffres officiels.

En décembre 2015, l'armée avait tiré sur des manifestants à Zaria, leur fief dans le nord du Nigeria, faisant plus de 350 morts. 

L'IMN, apparu en tant que mouvement étudiant en 1978 avant de muer en groupe révolutionnaire inspiré par la révolution islamique en Iran, est aujourd'hui encore proche de Téhéran et suscite une grande hostilité au Nigeria où l'élite musulmane sunnite ne cache pas ses affinités avec l'Arabie saoudite.

bur-spb/jh

 

AFP

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