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Comment un homosexuel camerounais a obtenu le statut de réfugié en Suisse

Hugues Fouatie Fotsing voit enfin le bout du tunnel après deux ans de galère. Ce Camerounais de 41 ans vient d’obtenir le statut de réfugié en Suisse, rapporte le 5 novembre le site français RFI.

«Ce qui m'a poussé en Suisse, c'était la dénonciation de mon copain et de moi par une voisine. Nous nous sommes bagarrés, ils ont appelé la police. Alors, immédiatement, j'ai pris la route pour partir. Ils ont ensuite détruit mon bar, en disant qu'on s'y regroupait pour des activités homosexuelles », raconte Hugues Fouatie Fotsing.

Son compagnon a eu moins de chance. Il a immédiatement été emprisonné. Quant à Hugues Fouatie Fotsing, lui était recherché par les autorités de son pays. Et pour cause, selon Human rights watch (HRW), l'article 347bis du Code pénal camerounais prévoit un maximum de cinq ans d'emprisonnement pour «actes sexuels avec une personne du même sexe».

Espérant trouver refuge en Suisse, ses espoirs ont rapidement volé en éclats. L’Office des migrations (ODM) estime que son homosexualité n'est pas prouvée, et que, conscient des risques, il aurait dû se cacher.

«J'ai reçu une non-entrée en matière pour ma demande d'asile car je n'avais pas de preuves pour affirmer que j'étais homosexuel et que j'étais opprimé dans mon pays..», confie Hugues Fouatie à RFI.

Ses défenseurs sont parvenus à prouver qu'il avait fait l'objet d'une dénonciation, souligne 360°, un magazine suisse aux gay, lesbien, bi et trans.

Sa demande d'asile avait été rejetée successivement par l'Office des migrations et par le Tribunal administratif fédéral. En août 2011, il avait été incarcéré à la prison centrale de Fribourg. Il avait alors échappé de peu à l'expulsion en refusant d'embarquer dans un vol pour Casablanca (Maroc). Finalement, le collectif fribourgeois CCSI-SOS Racisme a introduit un recours, toujours selon 360°. 

Plusieurs d’entre elles ont salué cette décision: CCSI-SOS Racisme, Pink Cross, Sarigai, le Cafri, le Mouvement pour la défense des droits de l’Homme et des libertés (MDDHL), le Réseau des défenseurs des droits humains (REDHAC) et l’Organisation mondiale contre la torture (OMCT), rapporte le quotidien suisse La Liberté

Lu sur RFI, La Liberté et 360°

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