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Ebola en RDC: peur sur la ville et branle-bas de combat

Le scénario tant redouté et anticipé est arrivé. Les autorités multiplient les préventions et les appels au calme depuis la découverte d'un premier cas de fièvre hémorragique Ebola dimanche à Goma, la plus grande ville touchée par l'actuelle l'épidémie en République démocratique du Congo.

Première mesure: le patient, un homme présenté comme un pasteur d'une Eglise chrétienne, a été évacué lundi matin vers Butembo d'où il était arrivé la veille à Goma, chef-lieu de la province du Nord-Kivu avec environ un million d'habitants.

Cette mesure était prévue, si son état de santé le permettait, "pour continuer ses soins dès ce lundi", a précisé le ministère de la Santé. L'homme se trouvait au Centre de traitement d'Ebola (CTE) installé préventivement à Goma.

L'information a été donnée par le nouveau gouverneur provincial Carly Nzanzu Kasivita, qui assure et rassure: "Le cas a été non seulement détecté précocement, mais aussi isolé immédiatement évitant toute contamination additionnelle".

Le gouverneur tout comme le ministère de la Santé appellent les habitants de Goma à garder leur "calme" face à l'épidémie qui frappe à leur porte, et était jusqu'à présent cantonnée dans le nord de la province, dans les zones de Beni-Butembo.

Une épidémie qui a fait plus de 1.650 morts depuis qu'elle a été déclarée le 1er août dernier près de Beni.

L'itinéraire du patient a de quoi nourrir les inquiétudes plus ou moins rationnelles qui entourent chaque maladie contagieuse et mortelle.

Originaire du Sud-Kivu, le pasteur était arrivé début juillet pour prêcher dans des églises à Butembo, l'épicentre de l'épidémie où il a présenté les premiers symptômes dès le mardi 9 juillet.

"Durant son séjour à Butembo, le pasteur a prêché dans sept églises", où il touchait de ses mains régulièrement les fidèles "y compris les malades", précise le ministère de la Santé.

Le pasteur -qui serait membre d'une Eglise évangélique dite du "réveil"- a ensuite pris le vendredi 12 la route pour Goma à bord d'un bus avec 18 autres passagers et le chauffeur.

"Sur le trajet entre Butembo et Goma, le bus est passé par trois points de contrôle sanitaire. Lors des contrôles, il ne semblait pas présenter des signes de la maladie. Par ailleurs, à chaque point de contrôle, il a écrit des noms et prénoms différents sur les listes de voyageurs indiquant probablement sa volonté de cacher son identité et son état de santé", rapporte le ministère de la Santé.

- Réunion à Genève -

"Dès son arrivée à Goma ce dimanche matin, il s'est rendu dans un centre de santé car il ne se sentait pas bien et avait commencé à faire de la fièvre. Aucun autre patient ne se trouvait dans le centre de santé, réduisant le risque d'infections nosocomiales d'autres personnes", affirme-t-on.

Selon une autre source, anonyme, l'homme a utilisé un taxi-moto pour se rendre au préalable chez un de ses amis.

L'inquiétude est palpable à Goma, ville partagée entre ses villas avec vues magnifiques sur le lac Kivu, siège des Nations unies et des ONG, et ses quartiers densément peuplés avec une activité commerciale importante.

"Goma est très peuplée, je crains que la propagation soit rapide. Que les autorités fassent tout pour retrouver toutes ces personnes car Goma est un grand carrefour vers plusieurs destinations", s'inquiète un moto-taxi, Jean-Pierre, 30 ans.

La ville se trouve en effet à la frontière du Rwanda, avec un port d'où les bateaux partent pour Bukavu et le Sud-Kivu, et un aéroport avec des vols civils ou onusiens à destination de Kinshasa, Entebbe et Addis Abeba.

Autre mauvaise nouvelle sur le front d'Ebola: deux notables locaux, enrôlés dans des actions de prévention, ont été assassinés à la sortie de Beni dans la nuit de samedi à dimanche.

Ces résistances portent sur la prévention et la vaccination, l'hospitalisation et des modes d'enterrement qui évitent les contacts avec les fluides contagieux des défunts.

"Selon plusieurs sources, les assaillants seraient des personnes du même quartier que les deux victimes, qui enviaient leurs voisins car ils avaient trouvé un emploi dans la riposte contre Ebola", a indiqué le ministère de la Santé. 

Un épidémiologiste de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) avait été tué le 20 avril à Butembo, où deux centres de traitement d'Ebola (CTE) avaient été attaqués fin février-début mars.

Une réunion de "haut niveau" est prévue ce lundi à Genève au siège de l'OMS pour mobiliser la communauté internationale face à la deuxième épidémie Ebola la plus importante de l'histoire après celle qui a tué près de 11.000 personnes en Afrique de l'Ouest (Guinée, Liberia, Sierra Leone) en 2013-2014.

AFP

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