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Egypte - Nabil Maikel Sanad, un blasphémateur qui s'assume

«Les religions ne sont que des collections de croyances qui ne peuvent pas être prouvées», écrit Maikel Nabil Sanad dans une tribune publiée sur le site du magazine américain Foreign Policy.

Blogueur égyptien connu âgé de 26 ans, il est menacé d’une action en justice:

«Le 7 octobre 2012, le bureau du Procureur général égyptien a décidé d'ouvrir une enquête officielle m'accusant de "blasphème" —ou Insulte à l'islam comme ils l'appellent», écrit-il.

Maikel Nabil Sanad avait été emprisonné en avril 2011 pour avoir critiqué l'armée, puis condamné initialement à trois ans de prison par un tribunal militaire. Il fut libéré au bout de 10 mois d'enfermement.

Le blogueur avait notamment publié un article intitulé «L’armée et le peuple n’ont jamais été une seule main». Dans ce long post, Maikel dénonçait les actes de tortures pratiquées par l’institution militaire.

Comme le rappelle Maikel Nabil Sanad, il existe en Egypte des hommes et des institutions qu’il est difficile de critiquer, sous peine de se retrouver derrière les barreaux. Les intouchables: le président, le parlement, l’armée ou la magistrature et... les religions. Surtout l'islam sunnite, la religion dominante.

Aujourd’hui, Maikel Nail Sanad témoigne car un camarade croupît toujours en prison: Alber Saber, arrêté le 13 septembre dernier. Ce copte de 25 ans, présenté comme athée par les médias égyptiens est notamment accusé d’avoir posté un extrait du film polémique Innocence of muslim sur Facebook.

Son arrestation lui rappelle tristement celle de Kareem Amer, un blogueur égyptien condamné à quatre ans de prison en 2007 pour avoir insulté l'islam sous le  président Moubarak. Kareem, qu’il présente comme un ami, «avait été torturé à plusieurs reprises», poursuit Maikel Nabil Sanad.

Il ne pense pas que son cas et celui d’Aber Saber soient isolés. D’autres Égyptiens sont en prison pour avoir critiqué l’islam: «au moins six chrétiens (trois d'entre eux sont mineurs), quatre athées, et un chiite».

De ces arrestations, Maikel Nabil Sanad dégage deux constats: le premier, c’est l’absence d’une justice indépendante. Le deuxième: le pouvoir cherche à intimider les chrétiens et toutes les minorités religieuses. Maikel Nabil Sanad observe que les minorités, notamment chrétiennes quittent l’Egypte.

Lu sur Foreign Policy

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