SlateAfrique

mis à jour le

Algérie - Hillary Clinton ne fait pas bouger Alger sur l'intervention au Mali

Qu’est venue chercher Hillary Clinton à Alger? Le soutien d’un allié stratégique à l’aune d’une intervention militaire de la Cédéao (Communauté économique des États d'Afrique de l'Ouest) au Nord-Mali, dont les plans devraient être communiqués le 26 novembre prochain.

La secrétaire d’État américaine Hillary Clinton est donc arrivée à Alger le 29 octobre pour une visite d’une dizaine d’heures. Mais dorénavant la question de l’intervention au Mali ne se pose plus.

«Aujourd’hui, il s’agit de savoir comment va-t-elle se faire et qui y participera. Si Alger n’a jamais exclu cette option, elle a néanmoins privilégié le dialogue pour donner le maximum de chance à la solution politique», écrit l’éditorialiste du site algérien Liberté.

Mais une telle position algérienne est-elle encore tenable alors que la situation humanitaire et sécuritaire se dégrade au nord du Mali?

Hillary Clinton n’a fait aucun reproche explicite à l’Algérie. Elle a préféré évoqué les apports de cette rencontre et rappelé l’expérience historique du pays dans la lutte contre le terrorisme:

«J’ai beaucoup apprécié l'analyse du président Bouteflika qui est fortement enrichie de sa très longue expérience de la région pour faire face à la situation très complexe et aux problématiques très compliquées au nord du Mali, mais aussi pour faire face aux problèmes du terrorisme et du trafic de drogue dans la région.»

Mais au final, ce que l’éditorialiste du site Liberté-Algérie retient ce sont les réticences d'Alger face à l'empressement de mener une guerre au Nord-Mali, et cela après avoir ignoré trop longtemps la menace djihadiste dans le Sahel.

Une méfiance qui tranche toujours, en dépit de la visite d’Hillary Clinton, avec la position des Occidentaux pressés d’en finir avec la crise malienne.

Mais cette mobilisation occidentale ne va-t-elle pas profiter à des groupes djihadistes, qui ont déjà tiré profit de la quasi inexistence de l'Etat malien?

Emergerait alors un «Malistan», que ni les Occidentaux, ni Alger ne souhaitent voir arriver.

Lu sur Liberté

A lire aussi

Nord-Mali: les djihadites se font plus petits

Mali: le dialogue avec les Touaregs s'impose

Mali: il faut organiser des élections dès avril 2013

Le MNLA veut être un joker pour régler la crise malienne