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La Tanzanie appelée

Les autorités tanzaniennes ont été pressées jeudi de divulguer toutes les informations en leur possession sur le sort du journaliste Azory Gwanda, porté disparu depuis fin 2017, après qu'un ministre tanzanien eut laissé entendre qu'il était décédé.

Azory Gwanda, qui travaillait pour les quotidiens Mwananchi et The Citizen, avait écrit plusieurs articles sur les attaques meurtrières perpétrées dans le district de Kibiti, situé dans la province de Pwani (est), et qui avaient provoqué la mort en 2017 d'une dizaine de policiers et d'au moins autant de responsables administratifs locaux.

Interrogé mercredi par la BBC sur le sort du journaliste, le ministre tanzanien des Affaires étrangères, Palamagamba Kabudi, a répondu que "dans la zone de Kibiti, ce n'est pas seulement Azory Gwanda, qui est porté disparu et mort".

La réponse du ministre a suscité l'indignation d'organisations de défense de la liberté de la presse à l'étranger et en Tanzanie.

"Depuis une année et demie, la famille d'Azory Gwanda et les médias tanzaniens prient le gouvernement d'expliquer ce qui (lui) est arrivé", a fait remarquer jeudi dans un communiqué le Comité pour la protection des journalistes (CPJ).

"Soudain, le ministre des Affaires étrangères annonce, presqu'en passant, que le journaliste est apparemment décédé. C'est totalement inapproprié et inquiétant. Le gouvernement doit immédiatement rendre publique toute information dont il dispose sur le sort de Gwanda", a demandé le directeur exécutif du CPJ, Robert Mahoney, cité dans le communiqué.

Abondant dans le même sens, Arnaud Froger, responsable du bureau Afrique de Reporters sans Frontières (RSF), a trouvé "choquantes" les déclarations du chef de la diplomatie tanzanienne.

"Après un an et demi de silence, puis de minimisation de la disparition de ce journaliste, il annonce sans explication le décès de ce dernier alors que ses collègues, sa famille et les organisations de défense de la liberté de la presse, dont RSF, n'ont cessé de demander une enquête sérieuse aux autorités", a réagi Froger auprès de l'AFP.

"Les résultats de l'enquête, si tant est que des investigations aient bien été menées, doivent être exposés publiquement. La légèreté avec laquelle les autorités tanzaniennes ont traité cette affaire illustre le peu de considération qu'elles ont pour l'exercice d'un journalisme libre et indépendant en toute sécurité", a-t-il ajouté.

La principale ONG tanzanienne des droits de l'homme, Legal and Human Rights Centre (LHRC), a lancé un appel similaire. "La déclaration du ministre est décevante. Le gouvernement a la responsabilité de protéger tous les citoyens. La famille, les amis et l'opinion publique veulent savoir ce qu'il est advenu de Gwanda. S'il est mort, on a le droit de savoir dans quelles circonstances", a indiqué à l'AFP Anna Henga, secrétaire exécutive du LHRC.

AFP

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