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Afrique du Sud - Le président Zuma recule face à sa caricature

Le président sud-africain Jacob Zuma abandonne les poursuites contre le journal le Sunday Time, confirme le 29 octobre le quotidien sud-africain Mail and Guardian.

Le président renonce à poursuivre le journal et le caricaturiste qui l’avaient croqué en violeur de la justice en décembre 2008, détaille le site sud-africain Times Live.

C’était l’une des caricatures les plus choquantes et controversés que l’Afrique du Sud n’a jamais connu de toute son histoire. Sa férocité était telle que même le dessinateur de presse Jonathan Shapiro, qui signe Zapiro, avouait à l’époque qu’il serait impossible de la publier dans de nombreux pays, souligne le site canadien The Globe and Mail.

Le dessin montrait Jacob Zuma ouvrant son pantalon pendant que ses partisans maintenaient à terre une femme, représentant la Justice aux yeux bandés, en s’écriant «Allez-y, patron».

Jacob Zuma avait réclamé 445.000 euros de dommages et intérêts pour préjudice à sa réputation et à sa dignité, deux ans après la parution du dessin, rapporte le site britannique BBC

Pour justifier sa décision de se retirer, le chef de l'Etat s'est référé à des propos du célèbre dessinateur Zapiro, qui avait admis que sa caricature était diffamatoire.

«Je ne vois aucune raison d'aller en justice, puisque l'essentiel a été reconnu», a-t-il dit.

«Le président Zuma a fait ce qu'il fallait en retirant l'affaire. Ce geste est de bon augure pour la liberté de la presse. Il reste à espérer qu'il retirera rapidement les 12 autres affaires touchant les médias», a déclaré Dario Milo, l'avocat du journal.

Et d’ajouter:

«Ceci enverra un important signal concernant le respect par le président du droit des médias à critiquer la conduite du président.»

Pourtant le geste du président a une autre signification en Afrique du Sud. Le gouvernement sud-africain doit à chaque fois mettre la main à la poche pour les différentes batailles judiciaires que livre le président, signale The Globe and Mail. 

L'avocat du chef de l’Etat a déclaré qu'il paierait au journal la moitié des dépenses du procès, a indiqué le Sunday Times.

«J'avais des sentiments contradictoires à ce propos parce que j'aurais voulu aller devant la cour, car je pensais pouvoir gagner haut la main», a déclaré au journal Sunday Times Jonathan Shapiro

Le dessinateur a représenté le 28 octobre 2012 dans son dessin la capitulation judiciaire du président. Jacob Zuma y est plaqué au sol avec Zapiro et la Justice sur ses bras et le dessinateur demandant «En avons-nous fini?» en montrant le dessin de 2008 avec un bâton  brisé signifiant l'arrêt des poursuites.

 

Capture d'écran du dessin de Zapiro

Lu sur Mail and Guardian, Times Live, Zapiro.com, BBC et The Globe and Mail

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