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Eruption du volcan Nabro: les Ethiopiens enfumés?

Le volcan érythréen Nabro, beaucoup moins célèbre que son collègue islandais l’Eyjafjöll dont le nom était pourtant moins prononçable, est entré en éruption le 12 juin 2011. Faisant peu de dégâts, pensait-on.

Mais un mois après, le voile de fumée se lève sur la situation de l'autre côté de la frontière, en Ethiopie. Irin, le site d’information des Nations unies, relaye des échos inquiétants sur la situation sanitaire et sociale des populations du Nord-Est.

Les autorités locales du Bureau de coordination des programmes de prévention des catastrophes et de sécurité alimentaire de la zone d’Afar (située au nord-est du pays, à proximité de Djibouti) parlent de 37 morts et de 167.150 habitants touchés. Elles alertent le gouvernement sur «le nombre de cas déclarés de mortalité du bétail, des déplacements, des problèmes de santé au sein des populations, ainsi qu’une grave pénurie d’eau et une recrudescence de la malnutrition».

En effet, si l’éruption s’est produite sur le sol érythréen après un séisme d’une magnitude de 5,7 sur l’échelle de Richter, le nuage de fumée craché par le volcan s’est dirigé dans un premier temps, indique RFI, vers l’ouest, donc vers l’Ethiopie.

Bien que l’activité du Nabro ait rapidement baissé d’intensité, le nuage a néanmoins provoqué des pluies de cendres. Or dans cette partie rurale de l’Ethiopie où les populations vivent de l’élevage, le risque repose avant tout sur l’eau et la nourriture:

«Les vivres ont été contaminés par les cendres volcaniques», a indiqué à Irin Mohammed Amin, nutritionniste dans la région d’Afar.

Les autorités régionales d’Afar ont d'ailleurs estimé à 68,6 millions de birrs (2,8 millions d’euros) les fonds nécessaires pour venir en aide aux populations.

Pourtant, le gouvernement central remet en cause la légitimité de l’appel des autorités locales et réfute qu’il y ait pu y avoir des morts.

Aklog Nigatu, porte-parole de l’organisme de gestion des catastrophes au ministère de l’Agriculture temporise:

«Il est encore trop tôt pour savoir combien de personnes ont été touchées et ont besoin d’aide.»

Lu sur Irin, RFI