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Libye - Les excès de zèle des médias français

Alors que la France est actuellement en première ligne de l'intervention militaire qui a débuté vendredi 18 mars 2011 en Libye, Action critique Médias (Acrimed), une association de critique des médias, s’étonne de l’empressement de la presse occidentale et particulièrement française à voir cette guerre se déclencher.

Une impatience qui pour Acrimed «revêt des formes passablement malsaines, comme si une guerre n’était pas avant tout une guerre!».

Quelques exemples repertoriés par l'association:

Le 18 mars dans l‘après-midi, I-télé annonçait déjà des frappes, alors que le premier tir n’aura lieu que le lendemain.

«Au grand désespoir d’I-télé qui, se rendant compte que son scoop ressemble de plus en plus à une bourde, remplace subrepticement, en fin d’après-midi, le mot "frappes" par le mot "crise"», souligne Acrimed. 

© Acrimed

Le lendemain, c’est Reuters qui se rend coupable, selon le site, d’avoir publié une dépêche intitulée «Vers des frappes imminentes contre les forces de Kadhafi». Un titre vague qui dit tout et son contraire.

Une précipitation qui, selon Acrimed, traduit une volonté d’«être le premier sur le coup», et entache la qualité du travail journalistique.

Le site fait état des propos plus que tendancieux de certains journalistes français. Sur I-Télé, Olivier Ravanello déclarait notamment le 19 mars:

«On va se débarrasser de Kadhafi, on va peut-être même arriver, par chance, à ce qu’une bombe lui tombe sur la tête.»

La question de l’intervention en Libye a également entraîné une poussée de chauvinisme au sein de la presse française. Comme le montrent respectivement les unes du Parisien, du Figaro et du Monde datées du samedi 19 mars, qui mettent en avant le rôle de la France. Un patriotisme dans certains cas teinté «d’antigermanisme primaire».

Pour Acrimed, le traitement de la crise libyenne laisse à désirer :

«De l’exaltation de la guerre au chauvinisme le plus franchouillard, en passant par les pitreries de journalistes qui rêveraient d’être des GI’s, le traitement médiatique des prémisses de l’expédition militaire contre la Libye nous rappelle cruellement que l’information est, souvent, parmi les premières victimes de la guerre. Et ce n’est, malheureusement, qu’un début.»

Lu sur Acrimed