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Nord-Mali - Le numéro un d'Aqmi se dévoile

N'approche pas le chef d’al-Qaida au Maghreb Islamique (Aqmi) qui veut.

Interrogé par RFI, le journaliste mauritanien Ely Ould Maghlah de l’Agence Nouakchott Information a pu s’entretenir avec l'Algérien Yahya Abou Hamame, le nouveau responsable de la zone sud d'Aqmi.

Agé de 34 ans, Yahya Abou Hamame a longtemps été un proche de Mohktar Belmokhtar (le «borgne»). Il succède à Nabil Makhloufi, jusqu’ici à la tête de l’organisation terroriste selon RFI.

Les faits d’armes de Yahya Abou Hamame sont nombreux et spectaculaires, et que c’est pour cette raison qu’il a été choisi pour succéder à son prédécesseur, explique Ely Ould Maghlah.

«Ce sont des attaques qui ont visé, par exemple, l’armée mauritanienne à Tourine en 2009, et avant ça d'autres attaques. Il a même parrainé ces attaques de kamikazes ayant visé l’ambassade de France à Nouakchott et celle ayant visé la caserne de Mema à l’est du pays» indique ainsi le journaliste mauritanien.

Malgré sa position supérieure, Yahya Abou Hamame doit composer avec Abou Zaid et Mokhtar Belmokhtar, qui bénéficient chacun d’une forte aura dans le nord du Mali. Mohktar Belmokhtar, particulièrement bien implanté au Mali, a toutefois perdu grâce aux yeux du commandement d’Aqmi, depuis qu’il a pris un certain nombre de libertés et que son rôle s’est accru.

De la même manière, Oumar Ould Hamaha, alias le «barbu rouge», a lui aussi été désavoué par Yahya Abou Hamame.

Pour le journaliste mauritanien, les menaces formulées par Oumar Ould Hamaha à l’encontre des otages et du président français sont «sérieuses», mais témoignent aussi d’une certaine fébrilité de la part des combattants djihadistes.

«Ils ne peuvent que la redouter (l’intervention militaire ndlr), parce que c’est sous la bannière de la communauté internationale. Il y a les états-majors qui travaillent déjà, et ils sont informés sur le déroulement de toute cette préparation» a affirmé le journaliste Ely Ould Maghlah, avant de balayer tout soupçon de copinage entre Nouakchott Information et Aqmi.

Pour autant, il reconnaît qu’une sorte de trêve tacite entre le gouvernement mauritanien et al-Qaida au Maghreb Islamique a pu se mettre en place, l’Occident étant devenu selon lui la cible prioritaire des terroristes.

Lu sur Radio France Internationale

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