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RDC: un mort dans la dispersion des marches interdites de l'opposition

"Il n'y aura pas de répression", avait promis le nouveau président de la République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi. Un manifestant a pourtant été tué dimanche à Goma (est) dans la dispersion des marches interdites de l'opposition.

Lui-même empêché de manifester à Kinshasa, l'un des leaders de l'opposition, Martin Fayulu, accuse plus que jamais son ex-allié le président Tshisekedi de n'être qu'une "marionnette" entre les mains de son prédécesseur et nouveau partenaire Joseph Kabila.

A Goma, les policiers "ont tiré à balles réelles. Un militant est tombé sur-le-champ", a accusé Robert Zibawanza, responsable local de Lamuka, la coalition d'opposants dont M. Fayulu est l'un des cinq leaders.

"Une personne grièvement blessée par balle est décédée à l'hôpital", a reconnu le porte-parole de la police nationale congolaise (PNC) Pierrot Mwanamputu.

"Certains jeunes manifestants étaient munis d'armes à feu", a accusé le commissaire provincial de la police Placide Nyembo, joint à Goma.

Dans la capitale Kinshasa, un policier a été "grièvement blessé", d'après le chef de la police Sylvano Kasongo, selon qui l'agresseur sera présenté à la justice.

"Toutes les personnes interpellées ont été aussitôt relâchées", a-t-il ajouté estimant qu'"il n'y a pas eu "d'incidents majeurs".

Les forces de l'ordre ont crevé les pneus de la voiture de Martin Fayulu pour l'empêcher d'avancer parmi ses supporteurs, ont constaté l'AFP et d'autres médias.

Plus classique, la police a tiré des lacrymogènes et chargé les manifestants autour de M. Fayulu, au nombre de quelques centaines et très déterminés.

Lui-même issu de l'opposition, le président Tshisekedi avait soutenu l'interdiction de la marche des opposants organisée le jour anniversaire de l'indépendance du Congo le 30 juin 1960.

- "Etat autoritaire et répressif" -

"Depuis que je suis là, je n'ai interdit aucune manifestation. Les droits et les libertés des citoyens sont garantis. Mais nous avons comme l'impression qu'il y en a qui confondent démocratie et anarchie", avait prévenu samedi le président Tshisekedi, investi le 24 janvier.

"59 ans après notre indépendance, la RDC est toujours un Etat autoritaire et répressif", a affirmé Martin Fayulu, dénonçant "la barbarie des policiers du tandem Kabila/Tshisekedi".

"Kabila est là au pouvoir, aux commandes, il a une marionnette qui fait tout ce que M. Kabila lui demande de faire", a poursuivi l'opposant, en visant Félix Tshisekedi.

M. Fayulu avait été blessé en septembre 2016 et brièvement arrêté en novembre 2017 lors de précédentes manifestations interdites aux dernières heures du régime du président Kabila.

Arborant une casquette blanche "Fayulu président", il a défié la police avec un autre opposant, l'ex-Premier ministre Adolphe Muzito.

Leur voiture a été immobilisée par une cinquantaine de policiers. Au moins trois pneus ont été crevés à la baïonnette par des policiers, a constaté un journaliste de l'AFP.

MM. Fayulu et Muzito ont finalement été escortés par la police à bord d'une autre voiture jusqu'à l'hôtel que possède M. Fayulu dans un quartier bien plus paisible de la capitale.

Entre quatre et six civils selon les sources ont été blessés par balle dans le Bandudu (ouest), la province d'origine de MM. Fayulu et Muzito, où un policier a également été atteint.

L'opposition proteste contre l'invalidation de l'élection d'une vingtaine de ses députés prononcée début juin par la Cour constitutionnelle.

"Il y a eu des choses inacceptables", a reconnu le président Tshisekedi. "Lorsque j'ai reçu le président de la Cour Constitutionnelle, c'était pour en savoir plus sur ces arrêts qui étaient pour certains scandaleux".

Le président a assuré qu'"il y a au sein même de la Cour constitutionnelle une procédure en réparation d'erreurs matérielles comme ils disent".

Ex-candidat à l'élection présidentielle, M. Fayulu conteste l'élection de M. Tshisekedi et revendique la victoire.

L'appel à manifester avait été signé par cinq opposants: MM. Fayulu et Muzito, mais aussi Moïse Katumbi, Jean-Pierre Bemba et Freddy Matungulu. Seuls deux d'entre eux ont manifesté à Kinshasa. Les partisans de M. Bemba ont indiqué qu'il entendait aller manifester dans son fief de Gemena (nord-ouest).

AFP

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