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Nord-Mali - Les djihadistes aussi organisent leur stratégie militaire

Face à la menace pressante d'une intervention militaire, comment s'organisent les djihadistes du Nord-Mali?

C'est la question à laquelle tente de répondre le site de BBC News, qui s’est entretenu le 24 octobre avec un ancien élu du Nord-Mali réfugié à Bamako.

Sadou Diallo, ancien maire de la ville de Gao occupé par les islamistes armés, a en effet affirmé: «Entre 60 et 100 Algériens et Sahraouis étaient entrés dans la ville il y a 4 ou 5 jours». 

Cette déclaration confirme ainsi les informations selon lesquelles des combattants venus du Sahara Occidental, du Soudan et d’Algérie avaient rejoint les djihadistes présents au Nord-Mali des derniers jours.

Selon lui, ils seraient arrivés sur de nombreux camions, mais ne seraient pas lourdement armés. «Ils ont amené avec eux des armes légères, pas des armes lourdes» a ainsi précisé l’ancien élu.

Sadou Diallo a dévoilé le comportement des djihadistes:

«Ils ne vivaient pas dans la ville. Ils viennent pendant la journée, ne nuisent pas à la population. Ils vaquent juste à leurs affaires et partent le soir».

«Ils ont été identifiés comme provenant principalement du Sahara Occidental et d’Algérie. Ils semblent être des instructeurs» a conclu l’ancien maire de Gao.

200 élèves des écoles coraniques locales auraient aussi été recrutés par le Mouvement pour l’Unicité du Jihad en Afrique de l’Ouest (Mujao) selon les dires de Sadou Diallo, qui explique cela par la situation compliquée de la jeunesse depuis la partition du Mali.

«Tous les jeunes des écoles coraniques de la région ont rejoint le Mujao... pas parce qu'ils soutiennent ce mouvement, mais parce qu'ils ont perdu espoir après sept mois de souffrance. Ils sont chômeurs et ne peuvent pas résister».

Selon lui, le Mujao les rémunérait entre 230 et 410 euros.

Dans un article publié par La Dépêche du Mali, des habitants du Nord-Mali ont aussi observé des changements de comportement des mouvements djihadistes. Désertant les bâtiments administratifs et les centre-villes, ils seraient, selon des témoins, en train d’élaborer une stratégie en vue d’une intervention militaire internationale.

«Depuis quelques jours maintenant, les islamistes ont déserté les bureaux et les logements du PIDRK (Programme Intégré de Développement Rural de la région de Kidal ndlr), situés à côté du gouvernorat de Kidal» a ainsi déclaré un habitant. 

«Ils ne veulent pas être ciblés facilement» explique un autre.

Et La Dépêche de conclure qu’il s’agit selon certains d’«une stratégie de guerre», visant à se replier dans des zones moins faciles à repérer.

Lur sur BBC News, Malijet

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