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La Mecque, le 16 novembre 2010, AFP photo/ Mustafa Ozer
La Mecque, le 16 novembre 2010, AFP photo/ Mustafa Ozer

Le Mali, nouvelle terre promise des islamistes

Comme chaque année des millions de musulmans vont se rendre à la ville sainte de La Mecque, en Arabie Saoudite. Pour d'autres, c'est le Mali qui constituera leur pèlerinage.

En cette veille de la Tabaski (fête du mouton), les vrais musulmans qui ont les moyens et l’opportunité d’honorer le dernier pilier de l’islam se rendent à La Mecque pour effectuer un pèlerinage digne de ce nom.

D’autres, en revanche, connus pour leur fanatisme excessif qui frise l’ignorance, l’intolérance et l’étroitesse d’esprit, préfèrent s’inventer un autre lieu où ils se ruent pour une autre cause qui n’a rien à voir avec les prescriptions de l’islam. 

Pour ces derniers, des djihadistes qui affluent de plusieurs pays frontaliers avec le Mali, la seule expédition qui vaille, c'est celle consistant à imposer la religion et des pratiques rétrogrades et inhumaines à leurs semblables.

La Tabaski compromise

Les centaines de combattants extrémistes qui accourent au Nord-Mali dans le but d’aider les islamistes qui y règnent illégalement à résister à une éventuelle intervention militaire internationale croient ainsi avoir trouvé leur lieu de pèlerinage.

Ils voient dorénavant dans le septentrion malien une nouvelle Mecque voire un nouveau champ de guerre sainte à remporter à tout prix.

Le Mali étant devenu une zone favorable à l’islamo-gangstérisme, selon le mot du quotidien français Le Monde, les djihadistes y voient une terre promise. C’est sans doute donc dans l’objectif d’en faire leur citadelle à partir de laquelle ils tenteront de maîtriser le Sahel qu’ils s’y rendent massivement en vue de prêter main forte aux leurs qui les y ont devancés. 

Eldorado islamiste

Une ambition d’autant plus logique que ce nouvel «eldorado islamiste» qu’est le nord du Mali demeure jusqu’à présent le seul endroit où les djihadistes opèrent en toute tranquillité sans le moindre obstacle.

Et ils s’y croient tellement en territoire conquis qu’ils se plaisent à narguer la communauté internationale en accueillant de nouvelles recrues venues de divers pays.

En plus de ce nouveau défi qu’Ansar Dine, AQMI et le Mujao lancent à la future force de la Cédéao, il y a aussi une énième tentative de rapprochement entre le premier cité et le MNLA.

La fusion des deux mouvements et la recherche d’une solution négociée à la crise malienne seraient les principaux sujets des rencontres entre leurs responsables. Pure diversion ou coalition éphémère et de circonstance comme ce fut le cas peu de temps avant le coup d’Etat de mars dernier ?

De toute évidence, il y a un lien entre la menace d’une intervention militaire extérieure et cette reprise de langue entre les deux anciens amis-ennemis ainsi que le rappel mondial des troupes islamistes.

Ceux qui accourent de partout sont venus répondre à l’appel de leurs camarades qui sentent sans doute le danger venir avec la mobilisation de la communauté internationale autour du gouvernement malien.

Sans doute bénéficient-ils de la complicité, voire du soutien de certains pays qui leur ont peut-être même ouvert facilement leurs frontières pour leur permettre d’atteindre leur destination. 

Des voisins pas nets

Certains des Etats soupçonnés de financer les activités des djihadistes tentent en tout cas de lever les suspicions qui pèsent sur eux. La visite du président malien de la transition au Qatar a sans doute pour but de lever tout quiproquo sur ce sujet.

La probable normalisation des relations diplomatiques entre le Mali et certains pays dont la France, inquiète les groupes islamistes qui tentent à leur manière aussi de faire passer le message selon lequel eux aussi se prépareraient à une riposte conséquente.

La guerre des opinions et le combat psychologique ont donc déjà commencé, et tous les moyens sont bons pour faire croire à l’autre qu’on ne se laissera pas faire aussi facilement.

Il est du reste évident que la partie ne sera pas que de plaisir. La partie française l’a d’ailleurs déjà reconnu. Est-ce pour autant qu’il faille céder à la tentation de revenir à la table de négociation avec les islamistes même au cas où ils en exprimeraient clairement le désir?

Une telle erreur d’appréciation de la situation pourrait être fatale ou tout au moins en rajouter à la complexité de l’épreuve, les djihadistes ayant maintes fois prouvé leur manque d’intérêt pour un dialogue sincère.

Du reste, l’afflux actuel de nouveaux islamistes ne fait que confirmer l’option militariste des occupants du Nord-Mali.

Le Pays

 

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